Racheté en 2010 par VMware à Yahoo, Zimbra s’est taillé en peu de temps une solide réputation dans le monde de la messagerie. Il est vrai qu’avec plus 60 millions de boîtes aux lettres payantes installées dans le monde (sans compter l’équipement de FAI comme le français Free), le logiciel s’est imposé comme une alternative solide aux messageries propriétaires comme Microsoft Exchange ou Lotus Domino.

Respectueux des standards de l’internet et bâti sur des composants ouverts, est un serveur de messagerie complet – avec antivirus et antispam intégré -, un système d’agenda de groupe, un gestionnaire de contacts partagés, un outil de collaboration web avec partage de fichiers et Wiki ainsi qu’un système de messagerie instantanée privatif. Sa richesse, sa simplicité et son prix abordable en font une solution idéale pour les PME.

Plusieurs éditions disponibles, dont une gratuite pour les TPE

Ces outils sont disponibles dans l’ensemble des versions du logiciel, qu’il s’agisse de l’édition gratuite et open source, baptisée Zimbra Open Edition, ou des deux versions payantes baptisées Zimbra Network Edition et Zimbra Appliance (cette dernière est livrée sous la forme d’une machine virtuelle VMware préconfigurée et prête à l’emploi). Ces deux versions payantes peuvent être téléchargées directement sur le web de l’éditeur pour test et sont aussi commercialisées par le réseau de distribution de l’éditeur (notons toutefois que l’appliance est gratuite pour moins de 10 utilisateurs).
La différence entre la version Open Edition et les autres versions tient dans le support technique réservé aux utilisateurs de la version payante, mais aussi dans la présence de modules additionnels. Les moutures Appliance et Network Edition incluent notamment un précieux module de sauvegarde/restauration « à chaud », le support du clustering (qui permet de se protéger contre une défaillance d’un serveur), la possibilité de personnaliser le look de l’interface, ainsi que des fonctions de recherche et d’indexation plus avancées que la version gratuite. Les versions payantes disposent aussi de fonctions avancées pour l’accès mobile ainsi qu’une intégration renforcée avec le client Outlook. D’autres modules payants sont également proposés en option, dont l’archivage de mail.

Simple à installer et peu gourmand

Zimbra se révèle très simple à installer et ne nécessite pas un serveur très puissant. La version appliance, notamment, fournie sous forme de machine virtuelle prête à l’emploi s’installe et se configure en quelques minutes. Les versions Open Edition et Network Edition s’installent quand à elles sur la plupart des distributions Linux du marché à savoir Red Hat Entreprise Linux, Ubuntu LTS et Suse Linux Entreprise Server.
Une fois l’installation terminée, l’administration générale du serveur s’opère depuis un simple navigateur, au moyen de l’interface web intégrée à Zimbra. Très claire, cette interface permet de réaliser les tâches les plus communes, telles que la configuration des domaines mail – un même serveur peut gérer plusieurs domaines comme ducranlapoigne.fr et ducranetfils.fr – ou la définition des principaux paramètres de configuration (Alias, relais de messagerie, paramètres antispam…). Elle permet aussi la création des comptes utilisateurs et la configuration de leurs droits. Petit plus, pour les entreprises qui disposent déjà d’une messagerie Exchange ou Domino, Zimbra fournit des assistants pour migrer depuis ces systèmes.

L'interface du client Zimbra

Le client Zimbra, ici sur Mac, offre une interface de messagerie riche et conviviale (cliquer pour agrandir)

Un client de messagerie très ergonomique

Si Zimbra est simple à installer, ce qui a fait sa réputation est sa remarquable interface utilisateur Web 2.0. Accessible depuis n’importe quel navigateur web récent, cette interface intégrée est non seulement efficace mais intuitive et n’a rien à envier à Outlook. Elle donne accès à l’ensemble des outils d’un client mail moderne (lecture, écriture, classement ou recherche) ainsi qu’aux fonctions de collaboration. L’interface est paramétrable avec par exemple la possibilité de découper l’écran horizontalement ou verticalement pour consulter ses mails. Mais l’interface web ne se limite pas à la messagerie. On peut y gérer son agenda, mais aussi décider de le partager avec tout autre utilisateur en lecture et/ou en écriture – pratique lorsque l’on veut déléguer la gestion de son agenda à un (e) assistant (e). On peut aussi planifier des réunions en vérifiant la disponibilité des participants ou de ressources, telles que salle de réunion, vidéo projecteur… L’interface web permet également de gérer ses contacts (et de les partager), de partager des documents ou de créer des documents de type Wiki en mode collaboratif. Elle permet enfin de gérer ses préférences (règles de filtrage de mail, de renvoi, de réponses automatique en cas d’absence…). Il est à noter qu’une version mobile de cette interface webmail est aussi disponible pour les iPhone et autres terminaux Android. Cette interface, proche de celle du client mail de l’iPhone, s’avère être très pratique pour consulter ses messages depuis un téléphone ou un PDA.

L'interface mail de Zimbra

L'agenda partagé permet aux utilisateurs de gérer et partager leurs calendriers (cliquer l'image pour agrandir)

Au-delà de cette interface de webmail, un autre atout de Zimbra est de proposer un vrai client riche disponible pour les principaux systèmes d’exploitation du marché à savoir Windows, Linux et Mac OS X. Il dispose de la même interface que le webmail mais avec deux gros atouts additionnels : tout d’abord, les données – mail, contacts, agenda… – sont répliquées sur l’ordinateur de l’utilisateur, ce qui permet de travailler même lorsque l’on n’est pas connecté à Internet. On peut par exemple lire ou écrire des mails ou enregistrer des rendez-vous dans un train ou un avion et ces derniers seront envoyés ou synchronisés lors de la prochaine connexion. Ensuite, l’intégration au système d’exploitation est améliorée (glisser-déposer de documents, par exemple). Zimbra Desktop est simple, rapide et n’a rien à envier à Outlook. Bonus additionnel, pour ceux qui ont à gérer plusieurs comptes, il sait aussi travailler avec tout serveur de mail tiers supportant les protocoles IMAP ou POP (tels Gmail par exemple). On peut par exemple, dans le même logiciel, accéder à la fois à ses messages professionnels et personnels.

Des tarifs très abordables

La dernière force de Zimbra est qu’il se montre très raisonnable sur les prix. La version Network Edition est proposée à 45 $ par utilisateur pour 25 utilisateurs dans sa version standard (avec des tarifs dégressifs en quantité). La version Pro est quant à elle proposée à 63 $ par utilisateur en licence perpétuelle. La différence entre la version standard et la version pro se limite à la synchronisation des terminaux mobiles via ActiveSync (ce qui permet de recevoir ses mails et rendez-vous en mode push sur téléphones Android, iPhone ou Windows Phone). La version Appliance est encore moins chère avec un prix de 25 $ par utilisateur en version standard et de 35 $ par utilisateur en version pro – Rappelons qu’en deçà de 10 utilisateurs, cette version appliance est gratuite. Enfin, on notera que Zimbra est aussi proposé en mode SaaS par certains opérateurs de cloud comme l’intégrateur Yaziba ou ITS Integra. On peut ainsi disposer d’une solution de collaboration complète en cloud sans avoir à gérer soit même son serveur pour moins de 2 € par mois (prix pour une boite de 1Go chez Integra) ou 6€ (prix pour une BAL avec 10 Go de capacité).