vSphere 5, la nouvelle mouture de l'environnement de virtualisation de VMware, est disponible depuis le 25 août.

Avec le lancement de vSphere 5 la dernière version de sa solution de virtualisation de serveur, VMware ne s’est pas contenté d’empiler les nouveautés fonctionnelles (plus de 200 répertoriées dans la nouvelle mouture). L’éditeur s’est aussi attaché à développer une solution de virtualisation autonome et simple à l’emploi pour les PME.
Depuis plusieurs années VMware propose un package de licence à prix réduit pour les petites entreprises, vSphere Essentials, un package qui s’était récemment enrichi de nouvelles capacités comme le support de la migration à chaud de machines virtuelles (dans vSphere Essentials Plus). Avec l’arrivée de vSphere 5, VMware va encore plus loin, puisque l’éditeur a développé sa propre appliance logicielle de stockage en réseau, vSphere Storage Appliance, qui permet à une PME de mettre un premier pied dans la virtualisation à un tarif très abordable (environ 7 000 € pour 3 licences serveurs et la licence vSphere Storage Appliance).

Le meilleur de la virtualisation

vSphere 4 était déjà reconnue comme la meilleure solution de virtualisation du marché. Avec l’arrivée de vSphere 5, VMware conforte encore un peu plus son avance. Par exemple, l’hyperviseur supporte désormais la création de machines virtuelles pouvant gérer jusqu’à 1 To de mémoire et 32 processeurs virtuels. La gestion des entrées/sorties a encore été améliorée de telle sorte que ces VM peuvent gérer plus de 1 million d’I/O (opérations d’entrées/sorties) par seconde. Plus important pour les PME, VMware a encore simplifié la configuration du package et notamment celle de la console d’administration.

VMware propose désormais de déployer vCenter Server sous la forme d’une appliance virtuelle Linux, ce qui devrait grandement simplifier son déploiement (et au passage permettre de faire l’économie d’une licence Windows Server). Jusqu’alors il fallait en effet tout d’abord installer un serveur Windows avec une base de données SQL avant d’y installer l’application vCenter Server. Désormais, tout est prêt à l’emploi. Une autre nouveauté est la possibilité de configurer vCenter Server via une interface Web, ce qui permet de l’installer depuis n’importe quel poste et quel que soit le système d’exploitation. Cette interface web s’appuie sur Adobe Flex et devrait aider à réduire la dépendance vis-à-vis du client vSphere pour certaines tâches.

VMware a également mis à jour le client d’administration Web, lui aussi redéveloppé en Flex. Ce nouveau client a une interface utilisateur graphique riche et offre bien plus de fonctions que le vieux client web. Ses fonctions restent toutefois encore largement limitées à la gestion des machines virtuelles. VMware toutefois indique qu’il continuera à ajouter plus de fonctionnalités à l’avenir.

Haute disponibilité et reprise après désastre

La sortie de vSphere 5 est aussi l’occasion pour VMware de renforcer sa gestion de la haute disponibilité au sein d’un cluster de serveurs virtualisés. Dans le cas d’une panne, la nouvelle architecture permet notamment de redémarrer les machines virtuelles plus rapidement que les versions précédentes de VMware HA. L’éditeur propose aussi une nouvelle version de sa solution de reprise après désastre, VMware vCenter Site Recovery Manager 5, dont l’objectif est de simplifier la mise en oeuvre de plan de reprise d’activité. VMware vCenter SRM permet par exemple la réplication d’applications d’un site primaire à un site secondaire même lorsque les systèmes de stockage sont différents d’un site à l’autre (par exemple une baie VNXe sur le site primaire et une appliance de stockage logicielle vSphere Storage Appliance sur le site de secours (cf schéma ci-dessous).

Une autre grande nouveauté est l’automatisation du « FailBack ». Jusqu’à présent, SRM savait parfaitement orchestrer la bascule du site primaire vers le site secondaire en cas de désastre, mais il fallait encore gérer largement de façon manuelle le retour des applications vers le site primaire lors de sa remise en service. Désormais, ce retour vers le site primaire est lui aussi automatisé. Là encore VMware a pensé aux PME avec une édition permettant de protéger jusqu’à 75 VM dont le prix sera d’un peu plus de 150 € par machine virtuelle protégée.

vSphere Storage Appliance

Revenons pour terminer sur l’arrivée de VMware vSphere Storage Appliance (VSA). Le VSA est une machine virtuelle que l’on déploie sur deux ou trois serveurs physiques et qui transforme les ressources de stockage des serveurs concernés en une ressource de stockage partagée en réseau. L’avantage principal est que l’on peut bénéficier des fonctions avancées de VMware et notamment la mobilité des machines virtuelles entre serveurs ou la haute disponibilité sans avoir à investir dans une baie de disques SAN ou NAS. Pour l’instant la cible de VMware avec sa VSA reste le marché des TPE et celui des petites agences de grands comptes.

Techniquement, VMware recommande de configurer les disques durs des serveurs en Raid 10, de façon à garantir la protection locale des données. Si une machine est équipée de 4 disques de 1 To, cela veut dire qu’un total de 2 To est disponible sur chaque serveur.  À ce premier niveau de protection, physique, le VSA de VMware ajoute un second niveau, logique cette fois-ci, qui consiste à créer systématiquement une copie miroir des volumes locaux d’un serveur sur un second serveur équipé de l’appliance VSA (via réplication synchrone). Dans la pratique, pour 4 To de disque installés dans une machine, on obtient donc 1 To utilisable (mais avec l’avantage de la protection contre la panne d’un serveur, en plus de la protection contre la panne d’un disque que permet le Raid 10 local). À l’échelle de trois serveurs, 12 To de capacité brute se transforment donc en environ 3 To de capacité utile (cf schéma ci-dessous).

Architecture de l'appliance VSA

Il est à noter quelques limitations par rapport à une vraie baie de stockage : l’intégration en profondeur de VSA à vSphere fait que la capacité de stockage de l’appliance VSA n’est accessible qu’aux machines virtuelles et ne peut donc être consommée par des serveurs physiques externes. Autre limitation, la première mouture de l’appliance VSA ne permet pas de modifier la capacité installée ou d’ajouter d’un nœud VSA additionnel. En l’état, l’appliance VSA constitue donc une première marche pour les TPE qui veulent goûter aux joies du stockage partagé et dont les environnements sont 100 % virtualisés. Pour les autres, une baie de stockage comme VNXe est sans doute un meilleur choix du fait de sa versatilité (accès en mode bloc et en mode fichiers, supports des environnements physiques et virtualisés…) et de son évolutivité.