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L’édition européenne de VMWorld, qui s’est tenue fin octobre à Copenhague et a réuni plus de 7000 participants, un nouveau record, a permis à VMware de préciser un peu plus sa stratégie en matière de cloud. L’éditeur a notamment concentré ses annonces autour de l’administration des infrastructures en nuage avec le lancement d’un nouvelle mouture de sa suite vCenter Operations Management. Il a aussi profité de l’événement pour mettre l’accent sur son offre de plateform-as-a-service, Cloud Foundry, une couche de middleware de nouvelle génération, que l’éditeur entend proposer à la fois aux entreprises utilisatrices de sa solution d’infrastructure, mais aussi sous forme de service de cloud PaaS via ses partenaires opérateurs, hébergeurs et fournisseurs de services

Renforcer les solutions d’administration cloud

La suite VMware vCenter Operations, dont une démonstration a été présentée lors du keynote, a pour but d’offrir une visibilité immédiate sur le fonctionnement de l’infrastructure VMware au travers d’un nouveau système de tableaux de bords entièrement paramétrable. VMware vCenter Operations permet ainsi de générer aussi bien des vues business que des vues techniques pouvant être utilisées par les administrateurs pour superviser leur environnement VMware. L’outil dispose également de fonctions de corrélation permettant de lier les évolutions de la performance à des changements effectués à l’infrastructure. Une corrélation destinée à permettre de localiser plus facilement les sources d’un éventuel dysfonctionnement. Un nouveau système d’alerte permet aussi de définir des alarmes en fonction de paramètres ou de seuils personnalisés.

Steve Herrod, CTO de VMware, à vmworld

Steve Herrod, CTO de VMware, lors de son keynote à VMworld Copenhague

VMware met parallèlement l’accent sur les outils de monitoring de services applicatifs. Avec vCenter Navigator, l’éditeur propose un outil permettant de découvrir automatiquement les relations entre les composants d’une chaîne applicative, mais aussi d’inventorier leurs dépendances avec les différents composants de l’infrastructure. L’objectif est d’accélérer l’analyse des pannes afin de réduire le temps d’indisponibilité d’une application en cas de défaillance d’un de ses composants (logiciels ou d’infrastructure).

Selon VMware, la suite vCenter Operations Management sera déclinée en quatre éditions adaptées aux besoins des différentes entreprises. Les prix débuteront aux environs de 50 $ par machine virtuelle pour l’édition de base destinée aux PME.

Préparer la voie vers le PaaS

Au-delà de l’infrastructure, VMware a aussi largement utilisé VMworld Europe pour évangéliser ses solutions  à destination des développeurs d’applications au travers de ses outils vFabric et de son offre de PaaS Cloud Foundry.

VMware propose désormais un outil de modélisation de services (baptisé AppDirector), dont l’objectif est d’accélérer le provisioning de chaînes applicatives complexes. L’outil permet de modéliser une application en la découpant en différents composants élémentaires (base de données, serveur d’application, serveurs web, load balancers…) et à partir de ce modèle de faciliter son déploiement sur une architecture virtualisée.

VMware AppDirector permet aussi de prévoir l’adaptation des différentes couches de l’application à la charge (il est par exemple possible de prévoir dans le modèle la mise en route de serveurs web additionnels en cas de montée en charge et d’automatiser leur provisioning). La surveillance de la performance de ces applications peut ensuite être confiée à vFabric Application Performance Manager (attendu au 4e trimestre).

Le PaaS : une architecture pour accueillir les applications du futur

L’éditeur a aussi tenu à préciser sa stratégie en matière de PaaS. Comme nous l’a confié Joe Baguley, le « Chief Cloud Technologist » de VMware en Europe, VMware estime que la grande opportunité pour les entreprises et les intégrateurs systèmes dans les années à venir est dans la transformation des applications vers les plates-formes PaaS. « Nombre d’applications doivent se préparer à passer d’un modèle scale-up à un modèle scale-out » explique Baguley. « L’une des questions est  : pourquoi cette application, qui consomme beaucoup de mémoire et de ressources, est-elle construite de cette façon ? Cela ne ferait-il pas sens de la réécrire pour lui permettre de tirer partie des architectures scale-out qui deviennent prédominantes. Nous avons en face de nous toute une industrie qui s’est bâtie autour du concept de scale-up et pour laquelle la réponse à la question mon application a besoin de plus de ressources est : ‘achetez un serveur plus puissant et donc plus cher’. On ne peut pas continuer à fonctionner ainsi. Et c’est bien l’intérêt de notre approche PaaS : elle permet de tirer profit d’une architecture scale-out ».

VMware ne veut pas devenir opérateur de services PaaS

VMware n’a toutefois pas l’ambition de devenir un fournisseur de services et de bâtir une concurrence frontale à Microsoft Azure ou à Heroku. Pour Baguley, VMware « ne souhaite pas devenir un fournisseur de service. Cloud Foundry.com est le lieu où nous encourageons la communauté à jouer et où nous testons notre plate-forme. Mais l’objectif et bien de fournir à nos clients  – entreprises, opérateurs et fournisseurs de services – la technologie nécessaire pour créer leur PaaS au-dessus de notre plate-forme d’infrastructure ».

Cet avis est confirmé par Gerald Chen, le Vice-président des services cloud de VMware. « Il faut dissocier Cloud Foundry, qui est notre projet de PaaS open source, de CloudFoundry.com, qui est notre implémentation de ce code. CloudFoundry.com est un service pour les développeurs qui leur permet de disposer d’une plate-forme de test. Cela nous permet aussi d’apprendre ce qui est nécessaire pour exploiter un PaaS. Mais nous n’avons pas l’intention de faire de CloudFoundry.com un concurrent d’Azure ou Heroku. CloudFoundry.com nous est toutefois indispensable pour valider la technologie et en faire un produit utilisable par nos clients ».

Pour Baguley, un des bénéfices de cette approche est qu’elle devrait permettre aux entreprises de choisir parmi de multiples offres de cloud utilisant la technologie Cloud Foundry car les opérateurs offrant des services IaaS compatibles avec vCloud pourront très simplement déployer des services PaaS Cloud Foundry au-dessus de leur infrastructure pour les mettre à disposition de leurs clients entreprises : « la beauté de l’approche Cloud Foundry pour une SSII ou un opérateur télécom est qu’il peuvent déployer cette technologie sur leur cloud d’infrastructure existant. Si vous êtes un fournisseur vCloud, Cloud Foundry est une application sur le cloud d’infrastructure. Les fournisseurs peuvent donc commencer petit et grossir au fur et à mesure des besoins ».

VMware voit le PaaS comme un successeur naturel des plates-formes middleware actuelles. « Pour nous le Paas est le prochain application server » explique Chen. « Mais cette fois-ci tous les services permettant aux applications de monter en charge de façon transparente sont présents ». Chen se veut toutefois réaliste : « On ne dit pas aux entreprises de jeter leurs applications existantes. Si elles ont des applications sous Websphere ou Weblogic, la première chose que nous leur disons est de virtualiser leur middleware existant avec vSphere. C’est la meilleure façon de faire évoluer des applications existantes. En revanche, nous leur conseillons l’approche PaaS pour le développement de leurs nouvelles applications ».

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