Selon des chiffres préliminaires rendus publics par IDC, les entreprises ont massivement abandonné les systèmes de sauvegarde sur bande en 2011 au profit de solutions de sauvegarde sur disques dédupliquées. Le cabinet d’analystes estime que les entreprises ont investi près de 2,8 milliards de dollars dans des appliances de sauvegarde sur disque, alors qu’il prévoyait à l’origine 2,1 milliards de dollars. Pour IDC, l’appétence des clients pour les appliances de sauvegarde dédupliquées, telles que les baies Data Domain et Avamar d’EMC, a tiré le marché vers le haut. La croissance du marché en 2011 devrait ainsi être de 64,7% par rapport à 2010, où les ventes avaient atteint 1,7 Md$.

Les ventes de systèmes de sauvegarde sur disque ont dépassé celles de la bande au premier semestre

Cette croissance spectaculaire est la conséquence d’un abandon massif des solutions de sauvegarde sur bande, de plus en plus reléguées au rôle d’archivage de données à long terme. Pour la première fois, les ventes de systèmes de sauvegarde sur disque ont ainsi dépassé en valeur celle des systèmes de sauvegarde sur bandes en 2011. Une tendance qui, selon le cabinet, devrait se poursuivre, les clients privilégiant la sauvegarde sur disque pour protéger leurs serveurs virtuels et pour tirer parti des avantages de la déduplication des données.

Le marché des appliances de sauvegarde sur disque (2010-2015)

Selon IDC, le marché des appliances de sauvegarde sur disque va progresser fortement d'ici à 2015, pour quasiment doubler. (cliquer pour agrandir)

IDC a ainsi revu à la hausse ses prévisions pour les années à venir. Le cabinet estime désormais que les ventes d’appliances de sauvegarde devraient progresser à un rythme annuel moyen de 25,6% d’ici à 2015, année où le marché devrait peser environ 5,3 Md$. Dans le même temps, les capacités brutes livrées devraient augmenter à un taux annuel de 47,6%, pour atteindre près de 3.3 exaoctets à la fin de 2015.

Le succès des solutions de sauvegarde sur disques dédupliquées s’explique non seulement par leurs bénéfices techniques mais aussi par des raisons économiques. Les entreprises sont tout d’abord séduites par le fait que ces solutions permettent de réduire la durée des sauvegardes. Cela leur permet d’améliorer leur RPO (Recovery Point Objective) en autorisant des sauvegardes plus fréquentes. Elles sont aussi très sensibles à la forte réduction des temps de restauration, une caractéristique qui permet cette fois-ci d’améliorer le RTO (Recovery Time Objective), le paramètre qui définit le temps nécessaire pour reprendre une production normale après un incident. Nécessitant la restauration de données. Enfin, le retour sur investissement de ces solutions est très rapide, comme le montre aussi une étude IDC réalisée auprès d’entreprises européennes.

Selon IDC, les systèmes de sauvegarde avec déduplication d'EMC ont représenté 62% du marché de la sauvegarde su disque au premier semestre 2011. (cliquer pour agrandir)

EMC leader incontesté avec deux-tiers des ventes mondiales

Avec ses systèmes Data Domain et Avamar,  EMC est le constructeur qui a le plus séduit les entreprises. Selon IDC, les systèmes de sauvegarde sur disques du constructeur d’Hopkington ont représenté 62% des ventes en valeur au premier semestre 2011 et 63,5% des capacités livrées.

Derrière, IBM a réalisé 20,7 % des ventes en valeur, mais seulement 7,7 % des ventes en termes de capacité installée. Ce qui met le Téraoctet livré par IBM à 8 899 $ contre 3 217 $ pour EMC. Tous les autres concurrents sont à peine au dessus ou en dessous de la barre des 3% de parts de marché.

Il est à noter que, jusqu’alors, une grande partie des systèmes de sauvegarde sur disque avec déduplication a été vendue à des grandes entreprises. Mais la sauvegarde sur disque dédupliquée se démocratise et devient accessible aux PME même les plus modestes. EMC a par exemple annoncé une nouvelle appliance de sauvegarde Data Domain pour les PME, le DD160 à moins de 10000€ à la fin de l’année 2011. Une démocratisation qui devrait doper le marché en 2012. IDC prévoit ainsi une croissance de 65,5% des achats des entreprises pour l’année entamée.