Joe Tucci, CEO et président d'EMC, lors d'EMC World 2011 à Las Vegas

Joe Tucci, le CEO d’EMC, peut encore se féliciter d’une nouvelle performance record. Aux commandes de la société depuis plus de 10 ans, Joe Tucci a profondément transformé EMC et surtout l’a placé sur une trajectoire de croissance impressionnante. Fin 2002, en pleine explosion de la bulle Internet, EMC affichait un CA de 5,4 milliards de dollars, après deux années terribles qui avait vu les ventes consécutivement plonger de 20 % et 23,5 %.
Depuis, la firme n’a cessé de croître, grâce à un effort d’investissement conséquent (plus de 10 % du CA est consacré à la R&D, hors acquisitions) et à une série de rachats dont certains emblématiques, comme celui de VMware en 2003. Un pari qui s’est depuis avéré payant.

VMware impressionne

À l’époque, la jeune société spécialisée dans la virtualisation réalisait à peine 100 M$ de CA par an. Pour la première, fois de son histoire, elle vient de franchir la barre du milliard de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, un résultat qui n’est pas pour rien dans l’établissement d’un autre record pour EMC, le franchissement de la barre symbolique des 20 Md$ de CA pour l’ensemble de l’année 2011.

VMware est un peu le joyau de la couronne d’EMC et permet à la société d’être présente, par procuration sur le marché des serveurs. Comme le confiait récemment Chuck Hollis, le « Global Marketing CTO » d’EMC dans un entretien avec SolutionITPME, en réponse à une question sur un éventuel retour d’EMC dans le monde des serveurs, 12 ans après l’abandon des gammes de serveurs NUMA de Data General : « A l’époque, quand nous avons dit que nous ne ferions plus de serveurs, nous étions sous la pression de Wall Street pour revenir à la rentabilité. On a donc tout simplement évacué la question des serveurs. Il ne vous aura pas échappé qu’en 2003, on a acheté un spécialiste des serveurs, mais virtuels, VMware ». Et c’est peu dire que ce fabricant de « serveurs » a transformé l’industrie informatique. Sur le seul 4e trimestre 2011, VMware a réalisé un CA de 1,06 Md$ (c’est plus que les activités serveurs d’Oracle et plus que l’activité serveurs critiques d’HP). Sur ce 1,06 Milliard de CA, 513 M$ proviennent des ventes de licences et 545 M$ des services et du support. Le bénéfice net s’établit à 200 M$. Selon VMware, le CA a progressé 26,9 % sur un an tandis que le bénéfice a bondit de 67,3 % par rapport à celui du dernier trimestre 2010. Sur l’ensemble de l’année 2011, le CA de l’éditeur atteint 3,76 Md$ et le bénéfice net 723 M$ (pour mémoire, le rachat de VMware a coûté 635 M$ en 2003).

EMC en « pôle position » sur le marché du stockage

Côté EMC, le 4e trimestre a aussi été l’occasion de nouveaux records avec des ventes de 5,57 Md$, en progression de 14 % sur un an, et un bénéfice net de 832 M$, en hausse de 32 %. Selon Joe Tucci, 2011 a encore permis à EMC d’améliorer ses parts de marché dans le stockage, tout en améliorant sa performance financière.

Au dernier trimestre, le constructeur a ainsi vu ses ventes stockage progresser de 12% alors qu’un concurrent comme IBM voyait son CA stockage reculer de 1%. EMC souligne notamment que ses ventes de systèmes haut de gamme Symmetrix ont progressé de 11% sur un an. La progression des ventes de Data Domain et Avamar, les deux piliers de la division sauvegarde (BRS) du constructeur, est telle qu’EMC indique que ces appliances devraient engranger un CA de 2 Md$ sur une base annuelle. Enfin, les revenus d’Isilon ont doublé sur un an. La gamme de baie de stockage unifiée VNX/VNXe, lancée en janvier 2011, a, quant à elle, été adoptée par près de 2000 nouveaux clients au cours du dernier trimestre 2011.

Au total, sur l’ensemble de l’année 2011, les ventes de systèmes et de logiciels de stockage (hors services, produits de gestion de l’information et logiciels de sécurité) ont franchi la barre des 10 Md$, soit 50% du CA de la firme. 6,25 milliards ont été apportés par les activités de services de support et par le logiciel, tandis que VMware apportait 3,76 Md$ de CA à l’édifice global. Résultat : un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,6 Md$ pour l’ensemble de l’année, soit des progressions respectives de 17,6% et 32%.

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