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Afin de faire face aux besoins de la Ville de Nîmes et de son agglomération, la DSI de la ville de Nîmes s’est lancée dans un vaste projet de déploiement de cloud privé mutualisé en 2008, un projet baptisé EcoTIC dont l’objectif était de virtualiser de larges pans du SI de la ville et des communes de l’agglomération afin de bâtir un SI « durable ». Un objectif déjà largement atteint quatre ans plus tard, explique Olivier Bailly le DSI de la ville de Nîmes, en citant un chiffre emblématique : « avant le projet, on était sur un rapport frais de fonctionnement/investissement de 70/30 dans le budget de la DSI. Aujourd’hui, on est déjà à 50/50 et en 2014, cible du projet, on fera beaucoup plus d’investissement que de fonctionnement. »

Le projet EcoTIC

La Ville de Nimes :

  • 150 000 habitants répartis sur 162 km2
  • 85 écoles, 6 musées, 5 bibliothèques, 3 théâtres
  • 2 800 agents, 55 élus
  • 2 000 postes de travail, 2 500 téléphones
  • 2 000 BAL sous Zimbra
  • 130 caméras de vidéo protection
  • 80 km de fibre optique

 

L’agglomération Nîmes Métropole :

  • 240 000 habitants, 750 km2, 27 communes
  • 350 agents, 102 élus
  • 330 postes de travail, 300 téléphones
  • 500 boîtes Zimbra
  • 130 km de fibre optique

 

Le projet :

  • Passer d’un parc de clients lourds à un parc de clients légers (75 % des postes).
  • Virtualisation des clients, serveurs et applications
  • Standardisation des applications dans un modèle Cloud/SaaS
  • Pour le SI métier
  • Les applications bureautiques (Office, Zimbra, Firefox…)
  • La téléphonie
  • La vidéo protection
  • Réduire la consommation de 40 %
  • Le tout en améliorant les temps de réponse, la disponibilité des applications et la sécurité des données des utilisateurs.

 

Solution retenue :

  • Coeur de réseau Avaya (commutateurs 8610)
  • Châssis serveurs lames Dell (90 VM sur 11 lames réparties dans deux datacenters)
  • Solutions de virtualisation VMware (vSphere, View et ThinApp)
  • Deux baies de Stockage EMC (305 To) réliées aux serveurs en Fibre Channel 8 Gbit, en réplication synchrone entre les deux sites

Les résultats :

  • 747 000 € d’économies planifiées sur la période 2008 – 2014, dont 225 000 € réalisées à fin 2012
  • 200 applications métiers sur l’infrastructure cloud dont 50 délivrées de façon virtualisée
  • 400 clients légers déployés sur un objectif final de 1500
  • 350 t de CO2 économisées par an.

EcoTIC : un projet ambitieux de cloud mutualisé pour Nîmes et son agglomération

Le projet EcoTIC a été lancé pour répondre aux besoins de l’intercommunalité. Le système d’information de la ville de Nîmes s’est ainsi considérablement élargi pour devenir le système d’information de Nîmes Métropole, une communauté regroupant 27 communes et représentant 240 000 habitants. Dans le cadre de ce projet, la DSI a réorganisé le SI de la ville centre afin de permettre sa mutualisation avec la structure de l’agglomération, Nîmes Métropole, mais aussi afin de proposer des services informatiques prêts à l’emploi aux mairies de l’agglomération.

La DSI a à la fois en charge les réseaux et les télécoms (2 800 postes téléphoniques, dont 2 500 pour la ville de Nîmes), la gestion des infrastructures informatiques, la mise en œuvre des applications métiers ainsi que le support des utilisateurs. Elle fournit aussi l’infrastructure pour la vidéo protection dans le cas du projet Gecko, qui vise à améliorer la couverture en haut débit de l’agglomération via un réseau de près de 220 km de fibres optiques, desservant près de 200 sites. Pour cela, elle s’appuie sur un effectif d’environ 45 personnes.

Une démarche orientée « services »

Comme l’explique Olivier Bailly, la décision de mettre en place une architecture en cloud au moment ou le projet a été lancé n’était pas une chose courante.
« C’était aussi innovant dans une collectivité locale de parler services et d’offrir du service en interne basé sur un catalogue de services. »

Pour commencer, la DSI de la ville de Nîmes a bâti un catalogue de services orienté architecture (connexion internet, connexion internet + email, connexion internet + email + hébergement de serveurs, téléphonie,…). Elle a aussi mis en place une offre à destination des communes de l’agglomération ( l’offre «diamant» ) permettant à ses communes de confier l’intégralité de leur SI à la DSI de la ville de Nîmes.

Au-delà de cette offre orientée infrastructure, la DSI a également mis en place un catalogue de services orienté plus métier. Elle propose par exemple un service de SI clé en main pour la mise en place de la vidéo protection, un SI prêt à l’emploi pour les écoles numériques.

Le résultat est positif explique Olivier Bailly, qui avoue d’ailleurs avoir du mal à faire face à la demande. « On a plus de communes qui attendent que ce que l’on peut servir ».

Une infrastructure virtualisée motorisée par Dell et EMC

L’infrastructure cloud s’appuie sur un réseau moderne. Reposant sur un backbone de 220 km de fibre optiques, il est motorisé par un coeur de réseau signé Avaya. La qualité du réseau était un prérequis, explique Olivier Bailly, car c’est un élément essentiel de la qualité de service de l’architecture cloud. Pour la partie serveur, la ville de Nîmes a choisi Dell tandis qu’elle retenait EMC pour le stockage. Côté logiciel, la couche de virtualisation et d’administration du cloud est confiée à VMware, de même que la virtualisation des postes de travail et des applications (respectivement confiées à VMware View et VMware ThinApp). Comme le note Olivier Bailly, « à l’époque [où le projet a débuté], les infrastructures convergées type vBlock n’existaient pas. On a donc passé beaucoup de temps à assembler les briques et on a vu nos intégrateurs souffrir. Si on le refaisait aujourd’hui, on le ferait sur des infrastructures de type vBlock ».

Aujourd’hui la production informatique est largement virtualisé et plus de 400 clients légers ont déjà été déployés en remplacement des PC, sur un total prévu à la cible de 1 500 PC remplacés. Le choix de la virtualisation et des clients légers a permis d’économiser en maintenance, en pannes et en fiabilité. « Et quand il y a panne, le délai de réparation est très court », souligne Olivier Bailly.

Le cloud fait évoluer les métiers de la DSI

Olivier Bailly, DSI de la ville de Nîmes

Le choix d’une infrastructure cloud a aussi permis aux équipes de monter en compétence. La DSI se préoccupait avant d’infrastructure, de serveurs. Aujourd’hui, c’est plutôt de stockage, de cycle de vie des documents, d’applicatifs métiers que l’on parle… « Il y a un transfert métier qu’il a fallu orchestrer pour migrer des agents depuis l’exécution de tâches banalisés vers la supervision d’environnements virtualisés ». Le cloud a permis de dégager du temps pour accompagner les directions métiers et fonctionnelles dans leurs projets, pour mieux accompagner les utilisateurs. « Ça repositionne la DSI d’un fournisseur de PC à une structure qui accompagne l’organisation. Au départ, l’informatique dans le nuage était perçue comme de la tuyauterie, comme un projet interne de la DSI. Nos utilisateurs ont vite compris que ça libère des capacités de production dans la DSI pour mieux les accompagner. Ça contribue à améliorer le niveau de service rendu aux collectivités ».

Le bilan n’est pas que qualitatif. Le projet, déployé à 60 %, a déjà permis d’économiser plus de 350 t de CO2 par an. Et si les objectifs continuent d’être tenus, ce qui est le cas jusqu’à présent, il aura permis d’économiser plus de 740 000 € en coûts globaux (maintenance, gains investissement, gains en consommation énergétique) sur la période 2008-2014. Et ce sans compter les gains indirects liés par exemple à la dématérialisation ( elle a permis de supprimer une imprimerie sur les deux qu’utilisait l’agglomération et de diviser par 4 le volume papier, soit 100 K€/an d’économies indirectes supplémentaires ).

Avec le recul, Olivier Bailly explique que le cloud s’est avéré être l’outil idéal pour faire de la mutualisation (elle est possible au sein d’une communauté d’agglomération depuis 2010). Et pour la DSI le choix a été payant comme pour la ville. « On s’est engagé à rendre au budget de la ville l’argent que l’on économiserait. C’est ce qu’il s’est passé ». Le DSI a toutefois expliqué qu’une partie de cet argent pourrait être investie dans de nouveaux projets de nature à améliorer encore les résultats ou à rendre un meilleur service aux citoyens. Une large partie des économies a donc été restituée à la DSI pour être investi dans ces nouveaux projets. Si bien, que la structure du budget de la DSI a été bouleversée. Alors que les dépenses de fonctionnement représentaient 70 % du budget en 2008, elles sont aujourd’hui similaires aux dépenses d’investissement. L’un des bénéfices du cloud et de la transformation de la DSI qu’il a rendu possible.

 

Retrouvez la présentation en détail du projet et de ses bénéfices par Olivier Bailly, le DSI de la ville de Nîmes sur EMCTV (vers 27mn et 50 s, après le début du webcast cloud)

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