À l’occasion du salon VMworld 2012 qui s’est tenu du 26 au 30 août, VMware a annoncé une refonte de son offre à destination des petites et moyennes entreprises (PME), une offre dont l’objectif est de simplifier la virtualisation, mais aussi d’assurer un niveau de protection du SI des PME inégalé à ce jour. VMware vSphere est actuellement l’hyperviseur le plus utilisé par les PME. Selon une étude de Spiceworks, 75 % des PME qui ont adopté la virtualisation ont fait de vSphere leur solution de virtualisation de choix.

Le dernier vSphere 5.1 devrait encore conforter cette position grâce à de nouvelles fonctions qui renforcent la simplicité d’utilisation, mais aussi permettent aux PME d’accroître la disponibilité de leurs systèmes informatiques. Comme précédemment, ces innovations sont concentrées dans le Package VMware vSphere Essentials Plus qui inclut non seulement l’hyperviseur vSphere mais aussi l’appliance de stockage virtuelle de VMware, les fonctions de mobilités de haute disponibilité de machines virtuelles (VM), la nouvelle solution de sauvegarde vSphere Data Protection ainsi que la solution de réplication à distance vSphere Replication, qui permet à une PME de mettre en place un plan de reprise après désastre de façon économique, même pour un petit nombre de serveurs. Enfin, vSphere Essential Plus inclut VMware vShield Endpoint, une technologie de sécurisation des machines virtuelles développée par VMware, qui permet par exemple d’éviter d’installer des agents antivirus et antimalware dans les VM et de les remplacer par un moteur centralisé.

Une nouvelle interface d’administration multiplates-formes

L’interface client web de vSphere 5.1 s’appuie désormais sur la technologie Flash et ne nécessite donc plus un poste client sous Windows. (cliquer pour agrandir)

vSphere dispose depuis longtemps d’une interface administration conviviale, mais cette dernière ne fonctionnait jusqu’alors que sous Windows, un problème pour certaines entreprises. Avec le lancement de vSphere 5.1 à San Francisco, Vmware a définitivement résolu le problème en remplaçant cette interface avec une interface web moderne basée sur la technologie Flash (l’interface s’appuie sur le moteur Flex, développé à l’origine par Adobe et aujourd’hui géré par la fondation Apache). VMware avait déjà esquissé une interface en Flex avec la version 5.0 de son hyperviseur, mais cette dernière était limitée par rapport à l’interface Windows. Désormais, toutes les fonctions sont présentes, ce qui a permis à l’éditeur de mettre à la retraite l’interface Windows.

La première bonne nouvelle est qu’il n’est plus nécessaire de disposer de l’OS de Microsoft pour administrer un (ou plusieurs) clusters VMware. Désormais, un simple navigateur web récent et un système d’exploitation supportant Flash suffisent pour administrer une infrastructure virtualisée (l’accès au mode console des VM n’est toutefois pas possible depuis Linux et Mac OS X). Pour pouvoir utiliser la nouvelle interface les administrateurs ont deux solutions : ils peuvent soit installer le nouveau vCenter Server (une appliance préconfigurée) qui contient le composant serveur du nouveau client web, soit si leur vCenter Server existant tourne sous Windows, ajouter un composant serveur additionnel permettant l’administration via le client web.

La gestion du stockage simplifiée pour les PME

Une autre nouveauté de VMware vSphere 5.1 est qu’il n’est pas forcément nécessaire de disposer d’un stockage partagé pour utiliser les fonctions avancées de l’éditeur comme la mobilité des VM ou la réplication. Le nouveau vMotion amélioré (« Enhanced vMotion »), permet ainsi de déplacer des VM entre plusieurs serveurs ne disposant que d’un stockage local. Ce nouveau mode est toutefois un peu plus lent et il s’accompagne de contraintes additionnelles comme la nécessité pour les VM d’être gérées par le même serveur vCenter et d’être dans le même Datacenter virtuel. Une autre limitation est que seuls deux processus de migration peuvent être réalisés de façon simultanée.

Architecture de l’appliance de stockage virtuelle VSA (cliquer pour agrandir)

Pour ceux que le stockage partagé intéresse mais qui n’ont pas forcément les moyens de se payer une baie de stockage avancée, vSphere Essentials Plus intègre une nouvelle version de l’appliance de stockage virtuelle vSphere Storage Appliance (VSA). Rappelons que ce logiciel permet d’utiliser la capacité disque non utilisée des serveurs virtualisés pour la rendre disponible aux membres du cluster. L’appliance nécessite que l’entreprise dispose de trois serveurs virtualisés et permet de mettre en commun leurs disques physiques au sein d’un pool de ressource partagé. De fait, elle transforme des disques traditionnellement dormants en une ressource utilisable par les VM. Certaines restrictions de VSA ont été revues à la baisse. Mais le principe reste inchangé. Chaque serveur dispose de son propre stockage protégé (c’est-à-dire au minimum trois disques par serveur en configuration Raid 5 ou 6). Ce stockage est mutualisé par l’appliance VSA et répliqué entre serveurs de façon à assurer une disponibilité optimale du pool de stockage. Ainsi, même en cas de panne d’une grappe de disque ou d’un serveur, l’appliance reste toujours disponible et son contenu est protégé. Il est à noter que VMware a levé la principale restriction pour son appliance virtuelle et autorise désormais l’exécution de vCenter, son logiciel d‘administration sur un cluster faisant fonctionner l’appliance.

Un moteur de réplication intégré à vSphere Essential Plus pour la mise en oeuvre de plan de reprise d’activité

Une autre bonne nouvelle pour les PME est l’intégration gratuite du moteur de réplication de VMware, vSphere Replication, dans la suite vSphere Essential Plus. Pour les PME, il est donc désormais possible de protéger un environnement virtuel de façon économique sans forcément avoir à investir dans Site Replication Manager (ce dernier ajoutant l’automatisation de la gestion des plans de reprise d’activité en plus de la réplication).

Principe de fonctionnement de vSphere Replication (cliquer pour agrandir)

vSphere Replication permet de répliquer sur un site distant des VM et leur stockage, même quand ce dernier est local et non pas sur un stockage partagé. Le logiciel permet de se protéger d’une panne ou d’un désastre en répliquant les VM essentielles, vers un autre bâtiment sur un campus d’entreprise ou vers un hébergeur pour une PME, et ce même si le stockage de départ est différent du stockage de destination. On peut par exemple répliquer de SAN à stockage local ou de stockage local à NAS. La réplique ainsi générée peut être redémarrée manuellement en quelques minutes par l’administrateur en cas de défaillance du serveur hébergeant la machine primaire. Seul bémol, le RPO minimal est d’environ 15 minutes, ce qui veut dire qu’en cas de désastre, il faut accepter une perte potentielle de données de 15 minutes… Mais par rapport à la perte totale de l’environnement ou l’obligation de le restaurer depuis une sauvegarde datant de 24 heures ou d’une semaine, c’est déjà un grand progrès pour nombre d’entreprises.

vSphere Data Protection : une solution de sauvegarde basée sur la technologie EMC Avamar pour protèger les VM

L’autre grande amélioration en matière de protection des environnements virtuels est le remplacement du vieux produit de sauvegarde VMware Data Recovery (VDR) par vSphere Data Protection (VDP), une solution de sauvegarde et de restauration de VM moderne basée sur la technologie Avamar d’EMC. En fait, VMware a fait le choix de s’appuyer sur le moteur de déduplication de données d’Avamar pour produire sa nouvelle solution de sauvegarde. Cette dernière permet de gérer de façon centralisée les sauvegardes et les restaurations jusqu’à 100 VM (avec un maximum de 2To de stockage physique consommé).

vSphere Data Protection s’appuie sur les API de sauvegarde de vSphere (VADP) et sur sa technologie de Changed Block Tracking, qui permet par analyse différentielle de suivre quels blocs de données ont été modifiés entre deux sauvegardes. Le logiciel couple ce support avec la technologie de déduplication d’Avamar pour réduire de façon conséquente les temps de sauvegarde et les volumes de données à transférer et à stocker (il n’est pas rare de pouvoir faire une sauvegarde incrémentale dédupliquée en quelques minutes, alors qu’avec un produit non adapté à la virtualisation il faudrait plusieurs heures). VDP a aussi d’autres avantages. Par exemple, il ne nécessite pas l’installation d’agents additionnels dans les VM (ce qui simplifie grandement l’installation et l’administration). Enfin, l’administration du logiciel s’effectue simplement via une interface web intégrée au nouveau client web d’administration de vSphere. Notons pour les administrateurs de solutions vSphere existantes que l’appliance nécessite la présence de vCenter Server 5.1, mais peut gérer la sauvegarde de VM déployées sur des serveurs ESXi 4.x ou 5.0.
VMware vSphere 5.1 et VMware vSphere Storage Appliance 5.1 seront disponibles le 11 septembre 2012. Les prix de VMware vSphere Essentials, l’offre d’entrée de gamme de Vmware, est de 495 $, tandis que VMware vSphere Essentials Plus revient à 4 495 $ pour trois serveurs biprocesseurs. Tout VMware vSphere Essentials comprend Kits de licences pour 6 processeurs sur un maximum de 3 hôtes.