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Afin de faire face aux besoins de la Ville de Nîmes et de son agglomération, la DSI de la ville de Nîmes s’est lancée dans un vaste projet de déploiement de cloud privé mutualisé en 2008, un projet baptisé EcoTIC dont l’objectif était de virtualiser de larges pans du SI de la ville et des communes de l’agglomération afin de bâtir un SI « durable » au service des différentes communes de l’agglomération. Le système d’information de la ville de Nîmes s’est ainsi considérablement élargi pour devenir le système d’information de Nîmes Métropole, une communauté regroupant 27 communes et représentant 240 000 habitants dispersés sur 750 km2. Dans le cadre de ce projet, la DSI a réorganisé le SI de la ville centre afin de permettre sa mutualisation avec la structure de l’agglomération, Nîmes Métropole, mais aussi afin de proposer des services informatiques prêts à l’emploi aux mairies de l’agglomération.

WebCast vidéo sur le projet de vidéoprotection de Nîmes

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A Nîmes, l’un des services emblématiques de ce cloud est la vidéoprotection. « Quand la commande politique – de déployer de manière qualitative la vidéo sur le centre ville de Nîmes – est arrivée, nous n’avons pas envisagé une autre architecture que celle du cloud et nous avons intégré la vidéo comme n’importe quelle autre application » explique Olivier Bailly, DSI de Nîmes Métropole. Et d’invoquer les raisons de ce choix naturel : la question du coût et surtout l’agilité dans la délivrance des services. Lorsqu’un peu plus tard, en 2010, l’architecture du système d’information a été entièrement repensée au profit d’un cloud privé communautaire, la vidéosurveillance est devenue l’une des applications « métiers » de la communauté urbaine. Aujourd’hui, le service informatique fournit un catalogue de services SaaS aux collectivités qui veulent mutualiser les ressources et la vidéoprotection en fait partie en permettant un accès aux communes souhaitant la mettre en place.

La vidéoprotection devient une application comme un autre dans le système d’information

Au moment de faire son choix stratégique, la communauté urbaine a été confrontée au choix entre vidéosurveillance – approche plutôt quantitative en termes de terminaux/caméras déployés, et vidéoprotection – concept plus qualitatif. Si la phase historique d’utilisation de la vidéo était plutôt orientée surveillance et quantitatif le second choix s’est finalement imposé à l’usage et a constitué un nouveau défi pour la DSI, au-delà de l’aspect gestion applicative. Plus qualitative, l’approche vidéoprotection a induit le recours à des caméras IP haute définition. « Le rôle de la vidéo est de protéger le territoire et donc de mettre des indicateurs sur la qualité. » justifie Olivier Bailly. C’est un changement de culture important car désormais, les caméras sont placées aux bons endroits. Il s’agit de « gouverner l’implantation des caméras et non plus d’en mettre partout » explique le DSI de Nîmes. Moins nombreuses, les caméras doivent avoir une meilleure qualité. Surtout l’impact d’une approche qualitative est forte en termes de contraintes sur l’infrastructure informatique : importante bande passante réseau, stockage, montée en charge, volumétrie des données générées en forte croissance, exigence de haute disponibilité. Par ailleurs, la vidéoprotection est vécue comme une application critique au niveau politique, il faut donc lui associer une infrastructure critique, capable de monter en charge avec l’accroissement du nombre de caméras.

Un stockage utile de 305 To !

Les quelque 250 caméras IP haute définition, installées dans la dizaine de villes couvertes par le système, génèrent des flux vidéos très importants que l’infrastructure réseau et de stockage doit supporter sans faillir. Chaque caméra numérique génère un débit de l’ordre de 4 à 10 megabits / secondes. L’infrastructure ne doit donc jamais s’arrêter. Elle doit gérer le fail over de cache et basculer automatiquement d’un système à un autre, en quelques secondes. Le taux de fiabilité requis est de 99,99999 %.

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Au final pour arriver à mettre en place une infrastructure complète et opérante plusieurs défis ont dû être relevés : déployer le cloud privé, intégrer le superviseur Sinovia d’Ineo, avec le VMS Visimax de CASD et avec le stockage EMC VNX, mettre en place une gouvernance de la vidéoprotection, générer des PKI avec des outils décisionnels pour mesurer l’efficacité réelle de la vidéo, permettre également l’ajout de nouvelles caméras en totale transparence…

Pour tenir la cadence, la DSI dispose aujourd’hui de 305 To de stockage sur deux baies EMC VNX en réplication synchrone. La partie informatique s’appuie sur 5 lames Dell côté serveur. Le budget moyen par caméra (connexion fibre, installation urbaine, dôme HD, disques…) revient à seulement 9 000 €. « C’est là un effet positif du cloud qui nous permet de mutualiser les coûts avec les différents éléments d’infrastructure » explique Olivier Bailly. La ville de Nîmes conserve les images durant 15 jours, passé ce délai, elles disparaissent. Avec le système historique, le délai était de 7 jours ce qui était parfois juste pour les procédures judiciaires. L’écrasement des images se fait automatiquement.

La DSI a déployé 7 centres de supervision (Police Nationale, Police municipale, Gendarmerie, PC crise dédié à la gestion des inondations…). Ces centres imposent une sécurité d’accès à la salle et aux données, par l’usage par exemple de fonctions biométriques.

Un écosystème important

L’écosystème de la vidéoprotection est très riche : éditeurs, intégrateurs, constructeurs. EMC travaille avec les principaux acteurs du marché, notamment sur les éditeurs de VMS pour faciliter l’intégration entre ces systèmes et les solutions EMC ou encore avec les constructeurs de caméra pour assurer la reconnaissance automatique du matériel vidéo par les baies EMC. Des architectures de références sont définies pour faciliter l’intégration. Dans le cadre du projet nîmois, l’intégrateur CEFI a été instrumental dans la mise en place de la solution.

Un pari qualitatif réussi

Un observatoire de la sécurité a été mis en place pour vérifier l’efficacité de la vidéoprotection ainsi que des PKI. Le retour sur investissement a été étudié et les résultats sont probants: 160 interpellations (+148 % par rapport 2011 sur les 5 premiers mois de 2012), recherches plus efficaces sur les images, baisse des procédures administratives et meilleure utilisation des personnels, automatisation d’une requête spatiale pour savoir si un délit s’est fait dans une zone couverte par la vidéoprotection… « les résultats sont très positifs » conclut Olivier Bailly.

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