La récente étude Big Data Index, lancée par EMC et IDC a permis de se faire une idée assez précise du niveau de maturité des responsables des études et métiers et des responsables informatiques et d’infrastructures face à la question du « Big Data » dans l’hexagone. Comme l’explique Jean-Yves Pronier, le directeur marketing d’EMC France, « Le Big Data Index a pour objectif de mieux analyser la perception qu’ont les entreprises françaises du Big Data et la réalité des initiatives prises dans ce domaine. Il repose sur deux enquêtes conduites en France en juin et juillet 2012 auprès de 160 entreprises de plus de 200 salariés ».

Environ 30% des entreprises mettent en oeuvre ou envisagent de mettre en oeuvre des technologies Big Data

Les principales tendances de l’étude Big Data Index (cliquer sur l’image pour agrandir)

IDC a en fait interrogé deux populations les études et les responsables informatiques et d’infrastructures. La majorité des responsables « Etudes » interrogés au sein des DSI françaises ressentent une demande croissante, de la part des entités métier (Marketing et Finance en particulier), en analyses plus fines et plus fréquentes de grosses volumétries de données et de contenus de plus en plus variés. Pour autant, les initiatives Big Data assumées comme telles concernent moins d’un tiers des entreprises (répondants Etudes). 18 % déclarent utiliser déjà des solutions « Big Data » et 11% prévoient ou envisagent d’investir en la matière.

Les initiatives de ces entreprises pionnières restent cependant limitées en nombre et en ampleur. Seule une moitié de ces entreprises déploie ou a déployé des technologies Big Data portant à la fois sur les dimensions « stockage » (stockage Scale-Out) et « analyse » du Big Data.

Un deuxième tiers des répondants a esquissé avec des entités métier des réflexions et des discussions de type « Big Data » voire des déploiements technologiques sans pour autant revendiquer une démarche « Big Data » ni même faire le lien avec le concept. Ce sont les        « Messieurs Jourdain » du Big Data « qui en font ou s’y intéressent sans le savoir ». Comme l’indique IDC, les niveaux d’adoption en technologies Big Data sont logiquement plus faibles qu’au sein du premier groupe. Les entreprises de ce groupe sont ainsi deux fois moins nombreuses à déployer à la fois des technologies de « stockage Scale-Out et d’analyse ».

Les 40% d’entreprises restantes n’ont pas encore esquissé de démarche pouvant être qualifiée de Big Data.

Les obstacles au déploiement des technologies Big Data (cliquer sur l’image pour agrandir)

Pour les deux dernières catégories d’entreprises, les raisons invoquées pour expliquer l’adoption lente du Big Data sont le manque de compétences et l’organisation. Le manque d’expertise technologique en interne est ainsi perçu comme le principal frein et pour 64% des équipes IT, ayant répondu à cette étude, la collaboration des services informatiques et des entités métiers devront être renforcées.

Selon 75% des responsables « Etudes » interrogés, « le Big Data pourrait contribuer à renforcer d’une manière ou d’une autre la capacité d’innovation de leur organisation ». Grâce aux technologies Big Data, 59% estiment qu’elles pourraient tirer parti de données jusqu’alors inaccessibles. 40% indiquent que le Big Data devrait rendre possible de nouveaux modèles économiques basés sur la réactivité et l’interactivité en temps réel.

Les principales applications du Big Data en France

 

Un écart qui se creuse avec les Etats-Unis

La comparaison des résultats de l’étude avec d’autres études IDC montre qu’un risque important existe en France de « passer à côté » des opportunités majeures qu’offre le Big Data en termes de compétitivité. Tout d’abord, la dimension « vitesse » ou « réactivité » du Big Data, essentielle à l’entreprise pour gagner en compétitivité, est bien davantage présente à l’esprit des entreprises américaines que des entreprises françaises.

Ensuite, IDC indique que le fossé entre les « happy few » s’équipant de solutions Big Data et les autres entreprises, semble devoir se creuser en France alors qu’aux Etats-Unis, la proportion d’entreprises supplémentaires ayant des projets d’acquisition pour les prochains mois est beaucoup plus importante. C’est particulièrement vrai pour des technologies clés comme les bases de données en colonnes (7 à 8 fois plus grande), les technologies en mémoire (3 à 4 fois plus grande) et Hadoop MapReduce (5 fois plus grande).

Le cabinet d’études explique aussi que les entreprises françaises sous-estiment l’enjeu de mise à niveau des compétences que requiert le big data : 6% des répondants « Etudes » au Big Data Index français, mettent en avant la transformation des compétences comme un impact très fort du Big Data, quand 60% des répondants à cette étude mondiale identifient le déficit de compétences comme le défi n°1.

Il est d’ailleurs révélateur de constater qu’une large majorité des répondants à l’enquête venant des services « Etudes » estiment que leur entreprise est en retard par rapport à la moyenne de la profession (pairs du même secteur d’activité). 47% s’estiment même très en retrait par rapport à cette moyenne. Cela reflète le fossé séparant d’une part une élite qui crée les premiers cas d’usage, et d’autre part la masse des autres entreprises qui l’observe prudemment avant d’aller plus loin. D’autres études réalisées début 2012 montrent que les entreprises françaises se sentent moins prêtes à s’engager dans une démarche Big Data que les Américaines, les Britanniques et les Allemandes (55% des entreprises françaises contre 47% des entreprises allemandes par exemple).

 

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