EMC World 2014 a été l’occasion pour EMC de présenter ses toutes dernières technologies en matière de stockage bien entendu, mais aussi en matière de cloud et de modernisation des applications au travers des annonces effectuées par ses filiales VMware et Pivotal, qui avec la division stockage d’EMC, constituent ce que le constructeur appelle désormais la fédération EMC.

Joe Tucci, le CEO d’EMC lors de l’ouverture d’EMC World 2014

Joe Tucci, le CEO d’EMC lors de l’ouverture d’EMC World 2014

La conférence, qui accueillait plus d’une dizaine de milliers de clients et de partenaires au centre de convention Sands de Las Vegas a aussi été l’occasion pour EMC d’accélérer sur le stockage Flash avec l’annonce de l’acquisition de la société DSSD, un pionnier des architectures Flash à grande échelle dont les premiers produits devraient faire leur apparition en 2015. Après le lancement des baies 100% Flash XtremIO, l’an passé, le rachat de DSSD confirme l’accent mis par EMC sur l’innovation en matière de stockage Flash.

Le stockage pour les PME en vedette

Les premières annonces effectuées par la firme se sont concentrées sur le marché des PME avec notamment  la présentation d’une nouvelle baie de stockage unifiée VNXe et l’annonce de l’arrivée prochaine d’une version virtuelle des baies VNX dans le cadre d’un projet baptisé « Liberty » (voir plus loin dans ce même article).

Le VNXe 3200 est l’aboutissement de plus de trois ans de travaux depuis le lancement des premiers VNXe et il a pour objectif de tenir certaines des promesses faites à l’origine par EMC pour cette ligne de systèmes d’entrée de gamme. Annoncé comme environ trois fois plus performant que l’actuel VNXe 3150, le 3200 se distingue notamment un support complet des technologies Flash de la firme et notamment FAST Cache (qui permet d’utiliser des SSD comme cache en lecture/écriture) et Fast VP (pour le tiering automatique de données). La petite baie d’entrée de gamme supporte aussi les fonctions de déduplication apparues dans les baies VNX de seconde génération en septembre  2013. Ce concentré de technologie devrait être très abordable puisque les prix devraient débuter aux environs de 12000 $ .

Parallèlement au lancement du VNXe 3200, EMC a aussi dévoilé une nouvelle appliance de sauvegarde dédupliquée Data Domain conçue pour les PME. Le Data Domain DD2200 dispose d’une capacité physique de 17,2 To et peut ingérer des données à un débit de 4,7 To par heure, de quoi répondre aux besoins des PME les plus exigeantes. Avec l’impact de la déduplication EMC, estime que la baie peut sauvegarder jusqu’à 860 To de données, là encore de quoi faire face aux besoins de la plupart des PME.

Le VNXe 3200 et le DD 2200 peuvent être couplés au sein d’architectures de références VSPEX afin de fournir l’ossature stockage et sauvegarde d’une infrastructure cloud convergée adaptée aux besoins des PME. A titre indicatif, une architecture combinant un VNXe 3200 avec 36 To de capacité disque, une baie de sauvegarde Data Domain DD2200 et la solution logicielle EMC Data Protection Suite est proposée à partir de 53000 $.

Vers des architectures de stockage 100% logicielles

EMC world a aussi été l’occasion pour EMC de faire le point sur les progrès de sa stratégie en matière de « software defined storage ».  Le constructeur a ainsi dévoilé la version 2.0 de VIPR. VIPR, initialement présentée l’an passé lors d’EMC World 2013.VIPR est une solution logicielle, qui se déploie sous la forme d’appliances VMware vSphere et qui comprend deux parties clés : un contrôleur de stockage, permettant de virtualiser des volumes servis par des baies NAS pour simplifier leur provisioning et leur administration et une couche de service de stockage permettant de fournir des services de stockage objet et des services HDFS aux applications. Ces deux composantes ont connu d’importantes évolutions avec l’arrivée de VIPR 2.0.

EMC a aussi dévoilé sa première implémentation des technologies de ScaleIO, une startup rachetée en 2013. ScaleIO est une solution de stockage en cluster fonctionnant sous Windows, VMware vSphere et Linux. À l’instar de VSAN de VMware ou de Ceph, dont le créateur, InkTank a été récemment racheté par Red Hat, le logiciel s’approprie l’ensemble des disques inutilisés des serveurs sur lesquels il est installé et les agrège pour fournir une capacité de stockage distribuée massive. La particularité de la technologie est que la capacité et la performance des pools de stockage augmentent quasi linéairement avec le nombre de nœuds et qu’en l’état, ScaleIO peut agréger des milliers voire des dizaines de milliers de nœuds.

La technologie de ScaleIO sert de base à une nouvelle appliance matérielle baptisée ECS (pour Elastic Cloud Storage), qui intègre également la couche VIPR, pour fournir des services de stockage à un coût inférieur de 23 à 28% au coût des services de stockage en cloud d’Amazon.

Autre volet des efforts logiciel d’EMC, la firme a dévoilé le projet Liberty qui vise à produire une version 100 % virtuelle (« software only ») de ses baies VNX. Ce projet, dont les premiers résultats devraient voir le jour cette année, s’appuie sur le code logiciel développé pour les baies de stockage VNXe (nom de code Unity) et s’inscrit dans un ensemble d’efforts plus général de la part d’EMC de séparer ses logiciels de ses matériels. L’OS des baies objet Atmos est ainsi déjà séparé de la couche matérielle.. C’est aussi le cas des appliances VPLEX qui existent sous forme matérielle et virtuelle. De même, la couche de Software-Defined Storage VIPR (qui combine des fonctions de virtualisation, d’administration et de services de données) fonctionne au-dessus de VMware vSphere et est donc totalement indépendante de toute appliance EMC. L’objectif avoué d’EMC est de ne s’interdire aucun scénario au cas où, ,  un client désirerait utiliser le savoir-faire stockage d’EMC sans toutefois vouloir se limiter aux offres matérielles de la firme.