Sponsorisé par MTI, EMC et Cisco, l’Observatoire de la donnée a interrogé quelque 200 entreprises françaises de plus de 500 salariés sur leur gestion des données. Il permet de se faire une idée précise de l’évolution du stockage de données au sein des entreprises mais aussi de la façon dont les entreprises font face à l’explosion des volumes de données stockées. L’occasion aussi de voir comment les entreprises tirent (ou non) parti des données qu’elles stockent.

graph1Sans surprise, l’observatoire permet de confirmer que la gestion de la donnée est devenue une problématique d’entreprise et non plus simplement une simple question de stockage de données relevant de la DSI. D’un point de vue général il met en lumière les déficiences des entreprises en matière de connaissance et d’analyse de leurs données. Il confirme également que la sécurité des données est devenue un sujet prioritaire 72% des entreprises interrogées en faisant un sujet majeur et 51% ayant déjà mis en œuvre un plan de continuité ou de reprise en cas d’incident ou de sinistre.

Un volume de données qui ne cesse de croître

La croissance des volumes de données gérés est aujourd’hui la 3e priorité des entreprises interrogées. En moyenne, chaque entreprise du panel sélectionné stocke, gère et analyse environ 110 To de données. Mais IDC note que sur ce total, les entreprises n’en analysent qu’environ 5%. Selon la firme les technologies à la disposition des entreprises aujourd’hui devraient leur permettre d’en exploiter environ 22%, un taux qui devrait passer à 30% d’ici à 2020 avec les gains de productivité et l’évolution de l’outillage. Les raisons de cet écart sont à chercher dans l’absence des outils ou des processus nécessaires au sein des entreprises (voir graphique 2).

graph2IDC souligne toutefois des écarts important dans l’utilisation des données selon que le secteur d’activité de l’entreprise et peu ou fortement numérisé.

Selon IDC, le volume de données ne va cesser de croître au cours des prochaines années « sous l’effet de la croissance des données traditionnelles, mais aussi des données issues des systèmes de relève, de télémétrie, des systèmes embarqués ou encore des données issues de la mobilité et des réseaux sociaux ». Ces nouveaux types de données commencent d’ailleurs à peser lourd dans certains secteurs, puisque les données de mesure, de surveillance ou de télémétrie pèsent déjà près de 10% des données analysées dans les secteurs du BTP ou de l’industrie.

graph4Certaines entreprises commencent aussi à consommer des données provenant de partenaires ou de prestataire tiers, mais là encore les taux de maturité varient. Ainsi ces données ne présentent pas d’intérêt pour 62% des entreprises tandis que 11% déclarent être en phase de prise de connaissance ou voir déjà un intérêt à ces données tierces (voir graphique 4).

Des systèmes de stockage encore très traditionnels

Pour IDC, les systèmes de stockage mis en œuvre par les entreprises restent très traditionnels. Mais le cabinet d’analystes note l’émergence des systèmes de stockage scale-out dans l’industrie (3% des volumes stockés), des infrastructures convergentes dans les services (6% des données stockées) ainsi que du cloud public dans le commerce (4% des données stockées). Dans tous les cas, la mise en œuvre de ces nouvelles solutions a pour but d’améliorer les niveaux de services délivrés aux métiers, de libérer les équipes d’administration de tâches à faible valeur ajoutée, mais aussi d’accélérer la mise à disposition des services de stockage.

IDC a en particulier identifié quatre tendances majeures qui impacteront les infrastructures de stockage des entreprises :

  • le Cloud Computing que ce soit pour un stockage vers le Cloud ou une récupération de données issues du Cloud;
  • les solutions et approches « software-defined », c’est-à-dire séparant le logiciel du matériel et permettant d’intégrer des fonctionnalités de contrôle des données plus abouties et garantissant une meilleure agilité et une meilleure performance;
  • les technologies Flash. IDC évalue qu’au niveau mondial d’ici 2015, 80% des baies de stockage vendues géreront les technologies Flash;
  • la convergence, c’est-à-dire des pools de ressources de stockage partagés entre plusieurs serveurs.

Mettre les données au service des métiers

L’étude réalisée par IDC fait état de spécificités par secteur du fait du rôle de plus en plus important que prennent les données dans les processus métiers. Mais quelques préoccupations communes émergent. Ainsi pour 51% des entreprises interrogées, la priorité est de sécuriser l’entreprise en contrôlant mieux la conformité, les fraudes ou l’exposition aux risques. Pour 38% des entreprises, il s’agit d’optimiser les processus existants. Et enfin, pour 6% des entreprises, il s’agit d’innover en développant de nouvelles approches ou de nouveaux modèles.

IDC note qu’environ 4% des répondants n’attendent pas de bénéfices particuliers dans la gestion des données. Ils travaillent très majoritairement dans le secteur public et dans une moindre mesure dans l’industrie. Il est à noter que pour les DSI, l’importance de la donnée pour les métiers demande que la direction générale et les directions métiers s’impliquent dans les projets de stockage et de gestion de données (respectivement 88% et 83% des répondants). Un souhait d’implication qui porte sans doute moins sur le choix des plates-formes de stockage elles-mêmes que sur les projets de gestion de données et d’analyse de données (regroupés sous la bannière marketing de « Big Data »).

La donnée un actif stratégique pour l’entreprise

Pour 70% des entreprises, les données représentent un actif stratégique, au cœur de l’activité. IDC s’étonne que ce pourcentage ne soit pas plus grand, mais note que cette sensibilité de l’entreprise aux données va croître significativement puisque 21% des entreprises reconnaissent que les données sont amenées à prendre une importance croissante dans l’activité. D’après l’étude, le secteur de l’industrie est celui qui perçoit les données comme les plus stratégiques(selon IDC ce résultat est lié à la typologie des données utilisées puisque l’industrie a plus fortement recours aux données de télémétrie et aux données de surveillance, avec une maîtrise nécessairement plus importante et intégrée dans la chaîne de production). Le cabinet d’étude s’étonne à l’inverse des résultats du secteur du commerce puisque seules 50% des entreprises interrogées de ce secteur considèrent les données comme stratégiques.

Dernier point, 76% des entreprises considèrent que les évolutions liées au stockage et à la donnée auront un impact profond sur les métiers de la DSI. « Pour 36% des entreprises, l’adaptation à ces évolutions se fera par l’acquisition de nouvelles compétences (via formation, recrutement…) avec, comme nous l’avons déjà vu, une priorité forte sur la sécurisation des données » indique IDC.