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Malgré l’impact financier des interruptions de services non prévues et des pertes d’informations, une grande partie des entreprises n’a pas, ou peu, de stratégie de protection des données. C’est ce que révèle l’enquête Data protection Index qu’EMC vient de mener avec le cabinet Vanson Bourne, auprès de 3300 décideurs dans 24 pays. « Au travers de cette étude, nous souhaitions évaluer l’impact des pertes de données sur les business, le niveau de maturité des entreprises en matière de protection des données selon les pays, ainsi que le degré de confiance qu’ont les responsables IT envers les moyens de protection disponibles pour leurs nouvelles applications (Big data, cloud, mobilité). L’idée est de permettre aux entreprises de se positionner sur le chemin qui reste à parcourir pour protéger leurs données », explique Christopher Ratcliffe, le vice-président du marketing chez EMC. L’étude a porté sur des entreprises de plus de 250 personnes.

La protection des données en chiffres

  • 13% des entreprises dans le monde ont déployé des solutions de protection des données
  • 32% des entreprises dans le monde ont souffert d’une perte de données.
  • 71% des entreprises dans le monde redoutent de ne pas pouvoir restaurer toutes leurs données après un désastre.
  • 754 MD$, c’est le coût des pertes de données pour l’ensemble des 3300 entreprises interrogées.

L’Asie championne de la protection

Et force est de constater que les résultats ne sont pas brillants pour l’hexagone : avec 93% des entreprises interrogées qui n’ont pas mis en production une méthode moderne de protection des données et seulement 7% qui ont effectivement fait des déploiements, la France se situe à la 21ème place des 24 pays interrogés sur leur maturité en matière de sauvegarde moderne, entre la Turquie et la Suisse.

En tête du peloton, la Chine, dont un tiers des entreprises est déjà passé aux moyens de sauvegardes dernier cri. Arrivent ensuite Hong Kong (27% des entreprises), puis les Pays-Bas, Singapour et les États-Unis (20%). Les pays les plus matures sont ceux où les entreprises consacrent près de 10% de leur budget informatique à la protection des données, contre moins de 8% en moyenne.

Les moyens de protection comprennent autant des solutions de sauvegarde/restauration que des dispositifs de redondance.

Les entreprises françaises plus pessimistes que les autres

Ce qui pêche en France ? Plus d’un tiers des entreprises ont perdu des données, ce qui a provoqué autant une chute du chiffre d’affaires, qu’une baisse de productivité, qu’un retard dans le lancement d’un nouveau produit. Et, par conséquent, 4 entreprises françaises sur 5 n’ont pas confiance dans leurs outils de restauration.

Plus d’un tiers des entreprises ont déjà perdu des données. Par conséquent, 4 entreprises françaises sur 5 n’ont pas confiance dans les outils de récupération.

A l’échelle mondiale, moins d’un tiers des entreprises ont été concernées par une perte de données et celle-ci a surtout eu un impact sur la productivité des salariés. En revanche, le volontarisme est de rigueur : 2 entreprises sur 3 considèrent que la protection des données est déterminante dans le succès de leur business.

Sur une durée de 12 mois, les pertes de données se traduisent en moyenne par la perte trois jours de travail par entreprise et par celle de 2,3 To d’informations, soit une valeur de 90 millions d’euros environ.

Les pertes de données sont proportionnelles au nombre de solutions de protection mises en place dans une entreprise.

Globalement, la France a autant d’entreprises totalement matures (2% environ) que d’entreprises très en retard (36% environ) que le reste du monde. La différence la plus significative se trouve en réalité dans les intermédiaires : 58% des entreprises françaises restent toujours au stade d’observation des solutions disponibles – contre 49,5% ailleurs – et 5% sont utilisatrices sans pour autant avoir les bonnes pratiques. Alors qu’elles sont 11,3% dans ce cas dans le reste du monde.

Réduire le nombre de solutions est plus avantageux

etude_protection_de_donneesLe défi à venir est, selon 63% des entreprises interrogées, de trouver les moyens de protéger les applications cloud, mobiles et Big Data. L’étude ne donne pas de conseil en ce sens, mais souligne un fait qui n’est absolument pas anodin : les pertes de données sont proportionnelles au nombre de solutions mises en place dans une entreprise. 38% des entreprises touchées avaient ainsi plus de trois solutions de protection, alors que parmi les entreprises qui n’ont déployé qu’une seule solution – ou du moins les solutions que d’une seule marque – seules 24% ont perdu des données. La réduction du nombre de fournisseurs serait donc une piste importante dans la protection des données. D’autant que, selon l’étude, le coût moyen d’une indisponibilité non planifiée des systèmes (laquelle donne lieu à l’utilisation, fructueuse ou non, d’une solution de récupération des données) serait de 1,4 million d’euros lorsqu’il y a plus de trois solutions de protection des données en jeu contre seulement 300 000€ quand il n’y en a qu’une seule.

En France, 88% des entreprises interrogées pensent qu’il n’existe pas de solutions fiables pour protéger leurs futures applications. Problème, si les entreprises françaises persistent à ne pas s’équiper, elles encourent une perte économique globale qui s’élèverait à 31,2 milliards d’euros dans les années à venir, rien qu’à cause de la perte d’informations.

En savoir plus : 

Les résultats du DP Index par pays 

• Infographie des résultats France

Téléchargez les résultats de l’étude France 

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