Côté à l’Eurolist B d’Euronext Paris, le groupe Tessi est une entreprise spécialisée dans la gestion multicanale des flux d’informations et l’externalisation des processus métier et de relation client. Il fournit à plus de 1 500 clients en France et à l’international l’accès à des versions numériques de leurs flux financiers – factures, chèques, contrats, etc. – au travers d’un réseau d’usines de digitalisation fédérées autour d’un centre d’hébergement redondé et sécurisé. Ce dernier se conforme à toutes les contraintes réglementaires des banques et assurances en matière de SI, à savoir la résilience des infrastructures, la gestion de la confidentialité, la gestion de la gouvernance au travers d’une PSSI (Politique de Sécurité des Systèmes d’Information). Au point qu’il se pose lui-même en concurrent des banques pour l’hébergement des données.

Relevant du Pôle Solutions & Technologies de Tessi document services, ce centre d’hébergement a été développé comme un cloud privé et souverain dès 2007. Y sont exécutés les logiciels SaaS que Tessi a mis au point pour ses clients, en particulier Tessi DOCUBASE, solution référente du marché de la gestion de contenu. « La particularité de notre centre d’hébergement est qu’il connaît des pics d’activité très forts toutes les deux heures, lorsque tous les flux de documents numérisés arrivent des usines et que nous devons les restituer à nos clients avec des contraintes horaires, soit sur leur GED hébergée chez nous, soit en les envoyant dans leurs propres datacenters au moyen de connexions VPN sécurisées », raconte Valérie Liard, Directrice Infrastructure du Pôle Solutions & Technologies de Tessi. Les utilisateurs du centre d’hébergement sont bien sûr les clients de Tessi – banques, assureurs, directions métiers… – mais aussi des personnels de Tessi lui-même, qui assurent directement des traitements délégués de back-office pour certains clients.

Parvenir à supporter des pics d’activité toutes les deux heures

Valérie Liard appelle ces pics d’activité des « bursts ». Ceux-ci réclament des baies de stockage capables de soutenir un modèle d’I/O spécifique. En l’occurrence, la gestion des flux entrants comprend la récupération de documents au format image qu’il faut traiter avec des technologies OCR (Optical Character Recognition), puis avec des algorithmes qui indexent dans une base de données les informations contenues dans ces documents. Au final, les documents digitalisés sont mis à disposition via une interface web, dont les serveurs sont également exécutés dans le centre d’hébergement de Tessi.

Le projet en bref

Tessi-SA-logo

Secteur

  • BPO, Payment & Document Management d’entreprise

L’entreprise

  • 290 M€ de CA en 2015 (+17,4 %)
  • 7 000 collaborateurs dans le monde

Challenges

  • – Produire toutes les deux heures des versions digitalisées et enrichies de documents financiers pour 1 500 clients
  • Héberger un grand nombre de ces documents et données
  • Proposer l’accès à ces contenus au travers d’une application de GED hébergée (Tessi DOCUBASE) sans ralentissement

Solution retenue

  • Huit baies VNX réparties sur deux sites avec Mirrorview
  • EMC Avamar et Data Domain

Bénéfices du projet

  • Les pics d’activité sont gérés malgré des contraintes logicielles
  • Un PRA complet et économique a été mis en place
  • L’accompagnement a permis d’éliminer les goulets d’étranglement

« Nous ne faisons pas du SAP ou du Exchange, des logiciels pour lesquels notre baie de stockage d’origine était vendue. De fait, celle-ci a commencé à souffrir de grands crashes en 2011 et nous avons dès lors cherché un modèle plus adapté parmi ceux des fournisseurs du marché », se souvient Valérie Liard. En l’occurrence, elle cherchait précisément une baie SAN qui puisse grimper dans les I/O avec des blocs de 64 Ko en écriture. La sienne n’atteignait pas les 8 000 IOPS dans cette configuration. EMC lui a à cette époque proposé un modèle VNX 5300 capable de supporter 50 000 IOPS « applicatifs » soutenus.

1 000 VM et près 1,2 Petaoctets de documents dématérialisés

Valérie Liard est ravie de sa VNX, au point qu’elle agrandit son parc au fur et à mesure que Tessi Documents Services signe de nouveaux clients. Elle possède à ce jour huit VNX. « Il s’agit en l’occurrence de quatre lots successifs de deux VNX. Nous les achetons à chaque fois en double car notre datacenter est redondé pour assurer la haute disponibilité des données », précise-t-elle.

Le datacenter du Pôle Solutions & Technologies de Tessi exécute aujourd’hui plus de 1 000 VM, une par application et par client hébergé. À titre d’exemple, il faut compter deux VM pour une GED, cinq pour toutes les étapes de traitement des chèques ou encore sept VM pour l’ensemble de la chaîne de traitements SEPA. Ces VM accèdent à un total de 1 200 To de données situées sur les baies VNX. Et ces données sont stockées dans des bases, dont certaines peuvent atteindre 800 Go et nécessitent des disques performants. Deux couples de baies VNX disposent de deux pools de disques distincts : performant et capacitif (les disques les plus lents hébergeant les données qui seront peu modifiées, généralement des documents de plus de trois mois). L’équipe de Valérie Liard répartit les LUN nécessitant le plus de performance sur les pools de disques adaptés et a activé le tiering automatique des baies VNX pour optimiser l’utilisation des disques SSD du pool performance au besoin des  serveurs. Les LUN sont quant à elles réajustées tous les mois au sein du pool de VNX  à la suite de mesures de performances et de la charge des contrôleurs des baies pour répartir les pics d’IOPS sur l’ensemble des baies VNX.

Faire de la sécurité des données une priorité

Les quatre VNX du site d’hébergement principal sont répliquées sur les quatre VNX du site de secours, distant de 12 km, au moyen de la solution MirrorView. Dans cette configuration, si un incident survient sur le site principal, l’équipe de Valérie Liard n’a qu’à basculer sur le site de secours pour faire repartir l’activité. « Ce PRA présente l’avantage d’être économique. D’autant que, pour deux lames serveurs sur le site principal, je n’en installe qu’une sur le site de secours, vu que celui-ci ne sert qu’en cas exceptionnel », illustre la responsable. À terme, elle se dotera de modules EMC VPLEX pour disposer d’une infrastructure répliquée en miroir en mode actif/actif, ce qui éliminera le temps de bascule entre les deux sites (et ramènera dans la pratique le RTO à zéro).

En marge des baies VNX, Valérie Liard s’est aussi équipée fin 2012 d’une solution de sauvegarde sur disque : EMC Avamar. À ce jour, sa solution compte sept nœuds Avamar. En 2014, face à la croissance importante des données et la multiplication des VMS, un audit mené conjointement par Tessi et EMC a démontré l’intérêt de l’ajout d’un DataDomain couplé à Avamar pour héberger les sauvegardes. « Répartir les sauvegardes entre les nœuds Avamar et  le DataDomain nous a permis d’optimiser notre fenêtre de sauvegarde », explique-t-elle et, ce, afin de respecter les contraintes horaires sur lesquelles Tessi Documents Services s’engage auprès de ses clients. La solution DataDomain couplée à Avamar a permis de passer à plus de 150 To utiles dédupliquées et d’accroître les performances de restauration.

Un fournisseur qui s’engage sur l’accompagnement

Outre les performances, Valérie Liard apprécie tout particulièrement le service du constructeur. « Avec un autre fournisseur, lorsque vous avez un problème de plantage, on vient vous dire que vous n’avez pas pris le bon niveau de contrat de support. EMC est le seul qui envoie chez nous ses experts dès que nous signalons un problème, pour nous aider à le résoudre », indique-t-elle. C’est ainsi qu’EMC a détecté que le centre d’hébergement de Tessi avait un problème logiciel de goulets d’étranglement. « Grâce à toutes les statistiques qu’EMC a produites, nous nous sommes rendu compte que nos développeurs n’avaient pas totalement optimisé leur code pour un fonctionnement en machines virtuelles ; en particulier, ils ne tenaient pas compte qu’écrire jusqu’à 5 fois une même image allait considérablement alourdir les accès avec des VM et dégrader les performances », explique-t-elle.

Plus récemment, l’achat des deux dernières baies VNX a complexifié l’architecture de commutateurs Fibre Channel, justement pour continuer de répartir de la manière la plus optimale les bursts. « Là encore, EMC a résolu ce problème en déclenchant un audit SAN et en nous envoyant un expert Brocade qui a rédigé à notre attention un rapport exhaustif de 50 pages intégrant des préconisations de configuration qui nous éviteront certainement de futurs dysfonctionnements», se félicite-t-elle.