La caractéristique qui différencie le système EMC VCE VxRail des autres infrastructures hyperconvergées est qu’il est fourni avec tout le nécessaire pour protéger les données. Présenté sous la forme d’une appliance 2U qui regroupe 4 nœuds serveurs, VxRail se veut de fait la solution VMware la plus intégrée du marché. La virtualisation des serveurs repose sur l’hyperviseur VMware ESXi, celle du stockage sur VSAN et l’administration de l’ensemble passe par le logiciel vCenter. À cela, s’ajoutent quatre solutions logicielles dédiées à la sauvegarde et à la reprise d’activité.

La première de ces solutions est VMware Data Protection (VDP). En standard, elle réserve en interne 8 To pour héberger les sauvegardes du VxRail. VDP repose sur le moteur d’Avamar, le logiciel de sauvegarde d’EMC, et dispose de fait des mêmes capacités de déduplication que celui-ci. Il peut également nativement stocker les données de sauvegarde vers l’appliance de déduplication EMC DataDomain pour maximiser les gains obtenus grâce à son moteur de déduplication global.

A noter qu’une version virtuelle de DataDomain est aussi disponible, en option, pour l’installer dans VxRail ou sur tout serveur.

RP4VM pour avoir toujours une copie des VM importantes

La seconde solution fournie est EMC RecoverPoint for Virtual Machines (RP4VM). Ce logiciel sert à répliquer les VMs en mode synchrone ou asynchrone (quasi temps réel) dans le cluster ou en dehors. La granularité de réplication de RP4VM est à la VM. « Le double avantage de cela est que, d’une part, on ne réplique que les VM identifiées comme critiques, ce qui évite d’avoir à dépenser du stockage supplémentaire pour celles qui ne le sont pas. D’autre part, on peut ainsi attribuer des règles de protection par VM : on peut par exemple dire que certaines VM doivent pouvoir être restaurées dans l’état qu’elles avaient quelques heures ou quelques jours auparavant », indique Emmanuel Bernard, ingénieur en chef de la virtualisation chez EMC.

Selon lui, la journalisation d’une VM, c’est-à-dire la sauvegarde d’un ou plusieurs états antérieurs, ne consomme que 20% d’espace en plus. Il précise par ailleurs que RP4VM – qui se pilote directement depuis vCenter – permet de poser des signets dans le temps pour indiquer les points de restauration possibles.

Une fois la réplication programmée, qui se fera de manière continue, il suffit depuis l’interface vCenter, grâce au plugin RP4VM, de lancer le démarrage de la machine de secours, en choisissant le point de restauration désiré et également l’ordre lorsque plusieurs machines sont concernées.

Autre avantage, RP4VM n’a pas à attendre qu’ESXi crée un snapshot. « Nous avons intégré RP4VM directement dans le moteur d’ESXi pour que ce dernier fasse des écritures en Y : sur le nœud d’origine et dans le journal d’activité. Ainsi, en cas d’incident sur le nœud de travail, le nœud de secours est immédiatement prêt à repartir avec les VM importantes », ajoute Emmanuel Bernard. Selon lui, la bonne pratique consiste à définir un degré de criticité des VM : toutes celles qui ne peuvent souffrir de ne serait-ce que 5 minutes d’indisponibilité doivent impérativement être répliquées avec RP4VM. Les autres peuvent être répliquées avec vSphere Replication également inclus avec VMware vSphere ou bien les machines pourront être sauvegardées avec VDP.

« Les modes de réplication supportés sont variés, en local, distant, en croisé entre deux sites, ou tous les sites distants centralisant leurs VMs de secours sur le site central, qui est par nature plus résilient » indique Emmanuel Bernard.

VSAN Metro Cluster pour répartir les VM entre plusieurs sites

La troisième solution fournie est le Metro Cluster VSAN, qui est incluse avec la licence VSAN packagée dans VxRAIL. Elle permet d’étendre le cluster vSphere/VSAN sur deux sites géographiques (salles, sites…) contenant chacun une partie du cluster. Cumulé à RP4VM et VDP, VSAN Metro Cluster permet d’améliorer le plan de reprise d’activité (PRA).

Ce cluster étendu de calcul et stockage permet ainsi en cas de problème sur un site, de redémarrer rapidement les charges de travail au niveau calcul sans avoir à déplacer de données, le stockage étant mutualisé entre les deux sites. Le gain de temps et la résilience sont ainsi maximaux. Les sites peuvent être distants de 100 km, du moment qu’une liaison réseau entre les deux offre une latence de 5 ms et un débit de 10 Gbits/s. Pour fonctionner, un witness VSAN, se présentant sous la forme d’une machine virtuelle, a besoin d’être installé sur un troisième site qui servira d’arbitre, de sorte à indiquer à chacun des deux premiers sites quoi faire en cas d’interruption de la connexion entre eux. « L’arbitre sera typiquement installé sur un 3ème site client ou chez un hébergeur. Il suffit que celui-ci supporte les machines virtuelles VMware et qu’il assure un accès à 100 Mbits/s, ce qui est extrêmement courant », précise Emmanuel Bernard.

Cloud Array et Datadomain pour augmenter l’espace de sauvegarde

Enfin, l’achat d’un VxRail donne droit à une licence de Cloud Array, un logiciel qui peut étendre la capacité de stockage interne dans un cloud public ou privé. Dans la version incluse par défaut avec les VxRail, CloudArray permet par exemple d’archiver dans le cloud jusqu’à 10 To de données (pour cela il consomme environ 1 To de capacité locale pour son cache local, qui permet d’accélérer les performances d’accès aux données venant du cloud ou du site distant).

VxRail a aussi ses options. Outre des licences qui permettent de dépasser les seuils de base de VDP, de RP4VM et de Cloud Array, EMC propose aux possesseurs de VxRail une machine virtuelle DataDomain. Celle-ci permet de réduire l’empreinte des sauvegardes sur le stockage local en faisant usage de la déduplication (pour une capacité maximale de 16 To). « L’intérêt de DataDomain est d’offrir une déduplication globale, qui réduit la taille de l’ensemble des sauvegardes et de dépasser la limite des 8 To de VDP.», précise Emmanuel Bernard.

Surtout, la VM DataDomain peut elle-même fonctionner avec d’autres DataDomain, y compris les appliances physiques du même nom pour par exemple répliquer depuis une agence vers un site central.

Pour terminer, signalons que le constructeur a intégré VxRail à son service ESRS (EMC Secure Remote Service). Celui-ci permet une surveillance proactive à distance par EMC des principaux organes de VxRail, via une VM dédiée au monitoring. Les ingénieurs support décèlent via les remontées ESRS les pannes susceptibles d’arriver et interviennent en amont pour, par exemple, remplacer un disque avant qu’il ne défaille.

Succédant aux VSPEX Blue, les systèmes hyperconvergés VCE VxRail d’EMC intègrent 4 nœuds serveurs qui comprennent chacun de 6 à 20 cœurs CPU (sur 1 ou 2 Intel Xeon), de 64 à 512 Go de RAM et 6 disques. Il est possible de regrouper en cluster jusqu’à 16 appliances VxRail, soit 64 nœuds serveurs. Les utilisateurs de VxRail accèdent à un VxRail Marketplace d’où ils peuvent télécharger tous les logiciels optionnels cités dans cet article.