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Les solutions d’infrastructure hyperconvergée ont le vent en poupe et elles séduisent de plus en plus les entreprises pour leur aptitude à simplifier les déploiements de cloud hybride.

Inspirées des développements des géants du cloud en matière d’architectures scale-out, les infrastructures hyperconvergées se présentent sous la forme d’appliances prêtes à l’emploi — combinant matériels et logiciels.

Elles permettent de délivrer en mode clé en main tous les services d’infrastructure nécessaires pour la mise en œuvre de cloud privés (services automatisés de calcul, de stockage et de réseau) à partir de briques d’infrastructure serveur standards.

Une infrastructure HCI ne s’appuie pas sur un stockage externe, mais fait usage des éléments de stockage (SSD et disques durs) présents dans les serveurs participant au cluster pour assembler un pool de stockage partagé.

Des plates-formes d’infrastructure clé en main évolutives

De façon générale, l’approche des fabricants HCI est distribuée et évolutive. Il suffit d’ajouter des nœuds additionnels pour accroître la performance et la capacité de stockage du cluster, ce qui évite par exemple les effets de seuil des approches traditionnelles.

C’est par exemple ce que propose l’offre d’appliances HCI la plus populaire du marché, la solution VxRail de Dell EMC, qui s’appuie sur la plate-forme logicielle de VMware et sur les serveurs x86 PowerEdge de Dell EMC. Le même Dell EMC propose également ses appliances hyperconvergées XC s’appuyant sur la plate-forme hyperconvergée de Nutanix. Selon IDC, ces deux plates-formes ont permis à Dell EMC de s’imposer comme le leader des plates-formes hyperconvergées avec un chiffre d’affaires de près de 347 M$ au dernier trimestre 2017 (27,8% de parts de marché). Sur un an, les ventes de systèmes hyperconvergés du constructeur ont bondi de 137,7%, une croissance dopée notamment par le succès de VxRail.

Combiner le calcul, le stockage et le réseau dans un seul élément est utile, mais virtualiser ces ressources pour en faire une infrastructure « software defined » est ce qui apporte la vraie valeur à l’ensemble. La virtualisation de l’ensemble des éléments permet d’améliorer le taux d’utilisation des ressources et donc de contenir les coûts. C’est en particulier vrai pour les ressources de stockage, dont l’utilisation a longtemps été un problème, la virtualisation des serveurs étant largement pratiquée.

L’un des grands bénéfices des plates-formes hyperconvergées est que leurs consoles d’administration permettent de grandement simplifier la gestion et le provisioning des ressources en fusionnant en une unique interface la gestion des VM, la gestion du stockage et l’allocation des ressources réseau associées. Cette fusion a des bénéfices opérationnels importants, car elle permet aussi d’éliminer certains silos au sein des équipes IT.

Un autre bénéfice important est l’évolutivité des solutions hyperconvergées qui présente des atouts importants en matière de Capex. Du fait de sa nature distribuée, une infrastructure hyperconvergée permet à l’entreprise de faire évoluer la capacité de ses environnements au fur et à mesure de ses besoins.

Il n’est pas nécessaire d’acheter dès le départ la capacité totale requise pour un projet à deux ou trois ans. C’est un avantage radical par rapport aux approches traditionnelles et par rapport aux approches scale-up dans lesquelles il faut dès le départ investir dans un serveur puissant ou dans une baie de stockage coûteuse. Et cela permet de bâtir des infrastructures dont les attributs de coûts s’approchent de ceux des clouds publics.

Un tremplin vers le cloud hybride

Depuis deux ou trois ans, la bataille de l’hyperconvergence se joue essentiellement sur le terrain de l’optimisation et de la flexibilité des infrastructures. Mais avec l’évolution des plates-formes de VMware et de Nutanix, elle se déplace progressivement sur le terrain du cloud.

Les deux éditeurs ont entrepris un travail ambitieux de développement pour faire de leurs solutions des plates-formes logicielles complètes permettant le déploiement automatisé et la gestion du cycle de vie des applications de l’entreprise aussi bien en interne, sur un cloud privé, qu’en mode hybride.

VMware a été le premier à dégainer en s’alliant avec Amazon AWS pour proposer sa technologie hyperconvergée « as a service » dans le cloud du géant. L’idée est de permettre aux entreprises d’étendre l’empreinte de leurs infrastructure hyperconvergée VMware au cloud et ainsi de permettre le déploiement d’infrastructures de cloud hybride homogènes. Il est ainsi possible pour une entreprise exploitant une infrastructure VxRail de répliquer des VM dans le cloud VMware on AWS ou de souscrire à des capacités additionnelles dans le cloud pour étendre ses propres capacités internes. Des mécanismes similaires permettent aussi à des clients VxRail de travailler de concert avec les cloud VMware d’acteurs comme OVH

Nutanix travaille de façon similaire à ajouter des capacités hybrides à sa plate-forme en partenariat avec Google Cloud.

Un autre axe de travail pour les deux éditeurs et leurs partenaires matériels comme Dell EMC est d’améliorer l’attractivité des plates-formes hyperconvergées pour les développeurs d’applications de nouvelle génération. Les deux environnements supportent ainsi des solutions automatisées de déploiement d’applications conteneurisées capables d’interagir avec les plates-formes conteneurisées des géants du cloud.

Le service PKS de VMware sait ainsi piloter des applications conteneurisées déployées à la fois sur une infrastructure hyperconvergée VMware et dans le service Kubernetes managé de Google (Google Container Service). Nutanix fait de même avec sa plate-forme Calm.

En intégrant des services applicatifs avancés à leurs solutions hyperconvergées et en facilitant de déploiement et la gestion du cycle de vie des applications sur leurs plates-formes d’infrastructures, les fournisseurs de plates-formes hyperconvergées entendent s’élever au-dessus du seul débat d’infrastructure.

Et elles veulent au passage résoudre quelques-uns des principaux problèmes des entreprises, comme la réduction du délai de mise en production des applications, la simplification des opérations de montée de version, le redimensionnement de l’infrastructure et des composants applicatifs pour faire face à une montée en charge imprévue, la gestion du débordement applicatif dans le cloud public, etc.

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