SolutionIT PME : Quelle est votre analyse du marché français de l’hyperconvergence ?

James Karuttykaran : Depuis cinq ans que Nutanix commercialise son offre en France, nous avons aussi bien travaillé avec des grandes entreprises qu’avec des PME. Depuis deux ans, nous avons développé notre offre commerciale dans les régions, où la demande est devenue très importante. Nous avons encore de l’évangélisation à faire sur notre technologie, mais c’est un détail : nos clients français achètent nos solutions pour résoudre concrètement leurs problématiques, pas parce que ce sont des infrastructures hyperconvergées.

James karuttykaran est directeur avant-vente de Nutanix pour la région Europe du Sud

SITP : Justement, quelles sont les problématiques que vos clients français souhaitent résoudre grâce à vos solutions ?

JK : Tout d’abord le manque de personnel technique dans les PME. L’un des avantages de l’hyperconvergence est qu’il est possible de l’administrer par une ou deux personnes seulement. Une étude d’IDC a récemment montré qu’avec nos solutions, le temps consacré aux tâches d’administration se réduisait de 71% et celui consacré au déploiement du stockage de 85%.

Nos clients sont également passés à l’hyperconvergence pour baisser leurs coûts de possession ainsi que le nombre d’interruptions de service non planifiées. Toujours selon IDC, les réductions permises par l’hyperconvergence sont respectivement de 58% et 98% par rapport à une infrastructure classique.

Ces bénéfices sont le résultat d’une approche technique plus simple pour les administrateurs : avec Nutanix, il n’y a plus qu’un seul système d’exploitation à gérer et la simple mise à jour de celui-ci permet d’apporter de nouvelles technologies, ce qui rend le matériel de plus en plus performant au fil du temps.

SITP : Quelle est l’approche-type de vos clients ?

JK : Le schéma classique est un client qui commence avec trois à quatre nœuds pour une application en particulier, puis ajoute de deux à trois nœuds l’année suivante pour ajouter du PRA, puis pour faire du VDI, ou encore pour réinternaliser les parts de son SI qu’il avait mis dans le Cloud. Classiquement, nos clients grimpent ainsi jusqu’à dix ou quinze nœuds. Pouvoir lisser ainsi l’investissement dans le temps, comme l’OPEX auquel le Cloud nous a habitué, est une proposition de valeur qui résonne aux oreilles de nos clients. Tous témoignent qu’avec des solutions traditionnelles, ils n’avaient pas la liberté d’évoluer, qu’ils étaient obligés de remplacer tous leurs équipements à cause du vieillissement des technologies. Une baie achetée en 2014 peut être difficile à faire évoluer en terme de performance ou de capacité, soit parce que le contrôleur de stockage était dimensionné pour une performance maximale qui est maintenant atteint, soit parce qu’il est moins cher d’acheter la nouvelle baie grâce aux promotions des constructeurs. Ce problème n’existe plus avec les infrastructures hyperconvergées.

SITP : Quels sont les cas d’usage les plus fréquents en France ?

JK : Principalement, ce sont des renouvellements des infrastrutures de virtualisation. Nous rencontrons aussi beaucoup de cas de virtualisation des bases de données, car dans le cadre de plans de reprise d’activité comme pour les tests, il est bien plus simple de cloner une machine virtuelle qu’une machine physique. La virtualisation des bases de données est d’ailleurs une possibilité nouvelle qu’offre l’hyperconvergence car, contrairement aux infrastructures de virtualisation classiques, nous utilisons le stockage local, ce qui permet de réduire fortement la latence et il n’y a donc pas de limitation de performances à cause d’une saturation des liens FiberChannel ou Ethernet vers le SAN.

Parmi les cas d’usage fréquents, justement, nos infrastructures hyperconvergées sont aussi souvent utilisées comme du stockage iSCSI pour des infrastructures de virtualisation précédemment déployées, car elles sont plus faciles à administrer que les SAN traditionnels, du fait qu’elles aient été conçues pour voir les machines virtuelles.

Viennent ensuite l’équipement des sites satellites d’une entreprise, également appelé ROBO (Remote Office Branch Office), où notre solution apporte le bénéfice de l’administration à distance depuis le siège, ainsi que le VDI, qui est moins adopté en France qu’ailleurs.

SITP : Y a-t-il déjà des cas d’usage plus inédits ?

JK : Nous voyons quelques cas de Big Data, mais il s’agit surtout d’héberger ces solutions « en plus » d’applications initiales, pour simplifier l’administration globale du SI et le remplacement des serveurs.

Enfin, nous observons l’émergence de deux demandes inédites : le redéploiement d’Exchange sur site pour ne plus passer par Office 365, ainsi que la mise en place d’un marketplace interne. Cette fonction, similaire aux marketplaces que l’on trouve dans le cloud chez AWS, avec en plus la gestion du cycle de vie des applications, est issue de notre rachat récent de Calm.io. C’est une évolution très importante de notre offre car notre concurrence se situe aujourd’hui plus chez les hébergeurs de Cloud, avec une multitude de services que chez les fournisseurs d’infrastructure. Nous allons de plus en plus vers le Platform-as-a-Service.

SITP : Comment votre offre va-t-elle évoluer ?

JK : Notre solution va bientôt s’enrichir avec le rachat de BotMetric, qui propose un outil de gouvernance pour les applications déployées dans le cloud public en donnant le coût précis de son utilisation ainsi que l’optimisation des instances sous utilisées et enfin la mise en conformité de ces applications, et avec celui de Netsil, qui cartographie les applications. L’enjeu est de permettre aux entreprises de mieux gérer, déployer et maintenir leurs applications en rendant l’infrastructure la plus invisible possible. Il va ainsi devenir possible de corréler l’activité sur le réseau, le temps de chaque requête, le temps d’exécution des applications et les mesures de performance pour découvrir d’éventuels problèmes. Nous monitorons toute la pile logicielle et reconnaissons déjà plus de 70 applications, dont les principales bases de données.

Pour l’heure, notre actualité est la dernière version 5.6 de notre système qui apporte à notre hyperviseur AHV la microsegmentation et, bientôt, un SDN (Software Defined Network) complet.