Pocket

Pour l’intégrateur MTI, les infrastructures hyperconvergées sont avant tout des solutions de stockage Software Defined qui s’intègrent à la virtualisation des serveurs, voire à celle du réseau. « Lorsque nous avons fait entrer les solutions hyperconvergées dans notre catalogue, début 2015, nous ne savions pas comment les positionner. Rapidement, nous avons compris qu’il s’agissait d’une véritable rupture technologique, qui allait considérablement simplifier l’IT, comme l’a fait la virtualisation en 2000 », raconte Jérémy Ferro, consultant avant-vente pour MTI France et expert en infrastructures.

Selon lui, le mérite de l’hyperconvergence est de considérer CPU, mémoire et stockage comme un ensemble indissociable dans le but d’en faire une plateforme qui exécute directement les machines virtuelles.

Faire gagner du temps aux équipes IT avec une seule solution et un seul support

« Lorsqu’une entreprise part sur un projet de virtualisation, elle pense d’abord aux serveurs qui exécuteront les VM, puis se retrouve à devoir réfléchir à la baie de stockage qui va de pair, puis aux réseaux qui doivent relier l’ensemble. De fait, il faut gérer trois familles de produits, chacune avec des logiciels et un niveau de support particuliers, ce qui rend une telle architecture très complexe. Avec les infrastructures hyperconvergées, nous proposons aux entreprises du tout-en-un, c’est-à-dire de la simplicité avant tout, avec un seul constructeur pour l’ensemble et une seule interface graphique au lieu de plusieurs. C’est pourquoi ces solutions sont particulièrement bien adaptées aux PME, tout comme aux IT des plus grandes entreprises qui restent bien souvent distribués du fait des usines ou de projets IoT nécessitant un Cloud to Edge », explique Jérémy Ferro.

Au final, la gestion des incidents est plus souple. « La simple mise à jour d’un switch peut briser l’interopérabilité entre deux équipements, freiner la production et engendrer beaucoup de stress s’il faut jongler entre les différents supports pour identifier la cause du problème. L’hyperconvergence donne du temps aux personnels IT et c’est un point d’autant plus important dans les PME où ces équipes sont réduites », commente-t-il.

Il témoigne qu’un client de MTI qui prenait auparavant trois heures par jour pour gérer son infrastructure passe à présent trois heures par mois pour l’administration d’une solution hyperconvergée.

Moins de surface au sol, scalable, de plus en plus fonctionnel grâce aux mises à jour

L’intégration a pour autre conséquence une réduction importante du volume des équipements. Là où des briques serveur, stockage et réseau occupent de 10 à 20U dans un rack, une infrastructure hyperconvergée équivalente ne mobilise plus que 2U. « Ces solutions sont plus compactes, moins énergivores et ont donc besoin de moins de ressources dans le système de refroidissement. Sur le terrain, cela signifie que ce qui occupe plusieurs baies racks chez un hébergeur va passer à seulement une baie demi-rack », illustre Jérémy Ferro.

Autre avantage des infrastructures hyperconvergées, leur faculté à croître par l’ajout de simples briques, chacune contenant de la puissance de calcul et des disques. « C’est idéal pour les startups qui démarrent avec juste le nécessaire et peuvent évoluer au fur et à mesure que leur activité fonctionne en ajoutant simplement des briques. Les entreprises n’ont plus à se projeter pour investir lourdement dès le départ dans une solution qui tiendra a priori quatre ou cinq ans ». C’est ce que les éditeurs d’HCI appellent le « pay-as-you-grow » dit-il.

De plus, Software Defined oblige, les infrastructures hyperconvergées voient leurs fonctions s’enrichir au fil des mises à jour logicielles. C’est par exemple ainsi que les solutions de Nutanix ont intégré erasure coding et devops et que, demain, elles supporteront des fonctionnalités de virtualisation du réseau orientées SDN (Software Defined Network)

Un réseau à 10 Gbits/s pour sécuriser les données

Initialement expert des questions matérielles, MTI a développé grâce aux infrastructures hyperconvergées des compétences en sécurisation des données. « Nous sommes ici dans la virtualisation et les entreprises ont besoin de notre aide pour architecturer le mieux possible leurs configurations. Ainsi, une infrastructure hyperconvergée duplique ses données à des fins de protection et utilise le réseau des données pour véhiculer le stockage, au lieu d’un réseau dédié. Il faut donc dimensionner ce réseau en conséquence. L’un de nos premiers conseils pour accompagner ce changement technologique est de retravailler le cœur de réseau afin qu’il fournisse du 10 Gbits/s pour la distribution des serveurs », précise pour sa part Christophe Desfontaines, consultant avant-vente chez MTI et spécialiste du réseau.

Il indique que pour un déploiement minimum d’infrastructure hyperconvergée comprenant trois nœuds, il faut compter deux câbles 10 Gbits/s par nœud et donc deux switches (redondants) 10 Gbits/s. « De cette manière, tout est prévu pour éviter les pertes de données. L’infrastructure hyperconvergée est une vraie solution d’entreprise, où l’on sait garantir la performance des serveurs par port », ajoute-t-il.

La scalabilité et l’enrichissement fonctionnel au fil des mises à jour sert d’ailleurs tout autant le réseau : « demain, les disques NVMe satureront les liens 10 Gbits/s. Mais ce ne sera pas un problème, car la gamme d’équipements réseau déployée dans les environnements d’hyperconvergence est en mesure de supporter des débits d’interfaces serveurs de 25 Gbits/s et d’interconnexion de 40/100 Gbits/s », dit Christophe Desfontaines.

Les cas d’usage : le VDI, les sites satellites, puis pour migrer toutes les VM du SI

Selon MTI, les premiers cas d’usage des infrastructures hyperconvergées sont le cloud hybride, le VDI et l’équipement de sites distants. Le VDI, présente l’intérêt de multiplier des VM qui sont toutes quasiment identiques et occupent donc très peu de stockage, du fait de la déduplication. Dans le cas des sites distants, il s’agit de profiter de l’environnement d’administration de VxRail, de vSAN ou de Nutanix qui permet de piloter une infrastructure hyperconvergée depuis le siège, donc sans avoir besoin de mobiliser un technicien sur place.

« Mais tous les cas d’usage, pour peu qu’il y ait de la virtualisation, sont adaptés à une infrastructure hyperconvergée. Souvent, nous installons cette solution pour servir un nouveau besoin et, le temps que les contrats de maintenance des anciens équipements arrivent à leur terme, nous proposons de migrer le reste de l’IT petit à petit sur l’infrastructure hyperconvergée, en lui ajoutant simplement des briques serveurs et/ou stockage », décrit Jérémy Ferro.

Les contre-indications : certaines bases de données ou des équipes en silos

Il reconnaît néanmoins qu’il existe des contre-indications. Pêle-mêle, l’hyperconvergence ne fonctionne qu’avec des machines virtuelles x86 et la méthode de licence de certaines bases de données, calculée au nombre de processeurs présents quelle que soit l’application qu’ils servent, les empêche d’être économiquement exploitées sur ce type de matériel. Il cite également l’aspect humain. « Parfois, les PME sont organisées comme des grandes entreprises, avec des équipes en silos. Dans ce cas, il faudrait déterminer quelle équipe va prendre la responsabilité de l’infrastructure hyperconvergée et il est possible qu’elles ne parviennent pas à trouver facilement un accord. C’est pourquoi nous commencerons toujours par faire un audit et que nous ne proposons pas automatiquement l’hyperconvergence. »

Nutanix présente des avantages notables sur le marché des systèmes hyperconvergés. Notamment parce que la solution de Nutanix est compatible avec trois hyperviseurs : ESXi de VMware, Hyper-V de Microsoft ou encore Acropolis de Nutanix lui-même. « Ainsi, si une entreprise dispose déjà d’un déploiement Hyper-V, alors Nutanix s’impose », lance Jérémy Ferro.

Il est à noter que la solution de Nutanix englobe toute l’administration dans une seule interface graphique, Prism, si elle fonctionne avec l’hyperviseur Acropolis. En revanche, il faudra passer par VCenter si le choix est fait d’utiliser l’hyperviseur VMware ESXi.

De son côté, la solution VxRail de Dell EMC offre également des points forts certains : le coût logiciel au socket tout d’abord, et non à la volumétrie du disque et à l’utilisation de CPU ou de mémoire RAM. Ensuite l’interface d’administration unique autour de vCenter. Enfin la mise à jour Scale-in, qui est particulièrement simple contrairement à ses concurrents. On note ainsi la possibilité — après installation du cluster HCI — d’ajouter de la capacité CPU, de la RAM ou bien un disque là où d’autres ne sont scalable qu’au nœud !

Pocket